Kasindi : 300 citernes bloquées, 50 dollars le mètre cube et le litre à 4 500 francs à Beni
Plus de 300 camions-citernes sont immobilisés à Kasindi et le litre d’essence est passé de 3 800 à 4 500 francs à Beni. L’ACCAD réclame, par une lettre du 2 octobre 2026, 50 dollars par mètre cube que les opérateurs contestent, affirmant que la taxe conventionnelle a déjà été payée.
Une station-service près du Rond-point Nyamwisi à Beni (Nord-Kivu). 13/11/2016. Ph. Radio Okapi/Freddy Lufulwabo
AFP
Plus de 300 camions-citernes sont bloqués au poste frontalier de Kasindi, et le litre d’essence est passé de 3 800 à 4 500 francs congolais dans les stations de Beni en quelques jours. À l’origine, un litige fiscal entre la Fédération des entreprises du Congo et l’Association congolaise des commissionnaires agréés en douane, rapporte Radio Okapi.
Cinquante dollars le mètre cube, soit 2 000 dollars par citerne
Le montant en cause est connu. Par une correspondance du 2 octobre 2026, l’ACCAD conditionne le passage des produits pétroliers au paiement de 50 dollars supplémentaires par mètre cube, soit environ 2 000 dollars de plus par camion-citerne en moyenne.
Les opérateurs locaux contestent ce prélèvement. Ils affirment que la taxe conventionnelle avait déjà été réglée et saisie dans le système douanier SYDONIA par la Direction générale des douanes et accises au mois de septembre 2026.
La direction de l’ACCAD a indiqué à Radio Okapi qu’elle rendrait sa position publique dans les heures suivantes. Cette position n’a pas été communiquée.
Sept cents francs de plus sur le litre
La hausse au détail est de 700 francs, soit un peu plus de 18 %. Elle ne reste pas dans la pompe : les tarifs du transport en commun et les prix des biens de première nécessité montent avec elle.
Le prix du carburant est le vecteur le plus rapide de l’inflation dans une ville enclavée. Beni dépend entièrement de l’importation par Kasindi, donc d’un seul point de passage.
Le même mécanisme qu’à Kalemie en août
Le schéma n’est pas nouveau. Les stations de Kalemie ont fermé quatre jours en août après le scellement de plusieurs d’entre elles pour non-paiement d’une taxe conventionnelle, et le litre y est monté très au-dessus du prix plafond sans qu’aucune partie ne publie le texte instituant cette taxe.
Le point commun des deux dossiers est là. Un prélèvement est exigé, son fondement juridique n’est pas rendu public, et le consommateur paie pendant que le différend dure.
L’État, lui, subventionne déjà le secteur. 146,7 millions de dollars de pertes ont été certifiées aux pétroliers au deuxième trimestre 2026, pour une ligne budgétaire d’environ 2,5 millions de dollars sur l’année.
Une frontière qui concentre les tensions
Kasindi n’est pas un poste ordinaire. C’est le principal point d’entrée des marchandises ougandaises vers le Nord-Kivu, et le même corridor porte les exportations agricoles congolaises dans l’autre sens.
La commune voisine de Kasindi-Lubirigha vit par ailleurs sous une pression sanitaire continue, et l’interdiction de l’eau de la Semuliki y est entrée en vigueur le 6 octobre.
Les opérateurs et la population demandent une intervention urgente du gouvernement provincial auprès des autorités financières, pour libérer les cargaisons et stabiliser le marché.
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