Ituri : MSF alerte sur une nouvelle vague de violences meurtrières
Les Médecins sans Frontières ( MSF)
AFP
La flambée de violences a débuté le 27 juin à Djangui, dans le territoire de Djugu, lorsqu’un site de déplacés a été attaqué, faisant neuf victimes, dont des femmes et des enfants. Le 31 juillet, le village de Katsu a été pris pour cible à son tour, provoquant de nouveaux blessés et un nouvel exode de populations. Début août, d’autres localités comme Tsotso ont subi le même sort, confirmant la montée d’une insécurité persistante.
À Bunia, l’hôpital soutenu par MSF est déjà saturé, mais les patients pris en charge ne représentent qu’une partie des victimes. Dans plusieurs zones, l’accès aux soins reste extrêmement limité, alors que les survivants subissent de lourdes séquelles physiques et psychologiques. Des témoignages recueillis par MSF, comme celui d’Adèle, mère de sept enfants blessée par balle lors de l’attaque de Katsu, ou celui de Jean-Bosco, grièvement mutilé à la machette à Tsotso, illustrent la brutalité de ces violences qui s’abattent sur des civils désarmés.
Cette situation n’est pas nouvelle. Déjà en mars 2025, MSF avait publié un rapport intitulé Risquer sa vie pour survivre, soulignant que plus d’un tiers des victimes de violences prises en charge en 2024 étaient des femmes et des enfants. À Drodro, près de la moitié des centres de santé ont été détruits ou déplacés, et certains établissements ont même été attaqués, coûtant la vie à des patients hospitalisés.
Face à cette escalade dramatique, MSF appelle à un renforcement urgent de la protection des civils et rappelle que les populations ne doivent en aucun cas être prises pour cibles. « Ce qui se passe en Ituri est inacceptable. Les civils subissent des atrocités quotidiennes commises par des groupes armés », a déclaré Asiyat Magomedova, cheffe de mission MSF. De son côté, Alira Halidou, également responsable de mission en RDC, a insisté sur la répétition tragique des déplacements : « Cette crise se caractérise par des violences qui forcent les civils à recommencer leur vie encore et encore. »
Entre conflits intercommunautaires, attaques ciblées et prolifération des groupes armés, l’Ituri reste plongée dans une crise humanitaire majeure. Pour MSF, la priorité absolue est claire : protéger les populations civiles et garantir leur accès à des soins vitaux.
Gilbert N.