Kinshasa : le gouvernement presse pour un curage urgent avant les pluies
Kinshasa : le gouvernement presse pour un curage urgent avant les pluies
AFP
À mesure que le mois de septembre approche, Kinshasa retient son souffle. La capitale congolaise, meurtrie par les inondations meurtrières des mois d’avril et mai derniers, pourrait bien replonger dans le cauchemar si rien n’est fait à temps pour anticiper les prochaines pluies. C’est en tout cas le signal d’alarme lancé par le Ministre d’État, Ministre des Infrastructures et Travaux Publics, lors de la 51e réunion ordinaire du Conseil des ministres présidée par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, vendredi 11 juillet 2025, à la Cité de l’Union Africaine.
Dans une note d’information consacrée à l’état d’avancement du Programme d’urgence de la voirie et de curage,
mis sur pied après les crues exceptionnelles qui ont englouti plusieurs quartiers de Kinshasa, le ministre a attiré l’attention du gouvernement sur un impératif de relancer dès le début du mois de septembre une nouvelle campagne de curage de l’ensemble du réseau de drainage de la ville.
Si les premiers travaux ont permis de désenclaver certains axes et de réduire temporairement la pression sur les réseaux d’évacuation, ils ne suffisent pas à garantir la sécurité hydraulique de la ville à l’approche de la prochaine saison des pluies.
« On ne devrait pas perdre de vue la nécessité et l’urgence de réaliser de nouveau des travaux de curage en début du mois de septembre 2025 afin d’obtenir un fonctionnement optimal de l’ensemble du réseau de drainage, avant l’arrivée des prochaines pluies », a-t-il déclaré devant le Conseil.
Les images restent vivaces dans la mémoire des Kinois. Des rivières transformées en torrents incontrôlables, des routes dévastées, des quartiers entiers sous les eaux. Les crues de la saison passée ont mis à nu la vétusté d’un réseau de drainage dépassé, souvent engorgé par des années d’absence de curage régulier, d’urbanisation anarchique et d’accumulation de déchets.
C’est pourquoi le ministre a insisté sur le caractère global de l’opération à mener. « Toutes les rivières de Kinshasa sont ainsi concernées », a-t-il souligné.
Sans intervention rapide, les conséquences pourraient être dramatiques : embouteillages monstres, inaccessibilité des hôpitaux, fermetures d’écoles, pertes en vies humaines, contamination des nappes phréatiques, effondrements des maisons précaires… autant de maux déjà observés ces dernières années et que le gouvernement dit vouloir éviter à tout prix.
Le ministre a salué les efforts en cours dans le cadre du programme d’urgence, notamment les travaux de voirie et les premiers curages entrepris ces derniers mois. Il a également fait le point sur :
• les travaux de construction des rocades de la ville de Kinshasa,
• les projets spécifiques supervisés par la Ville-Province,
• les interventions soutenues par des bailleurs de fonds internationaux, tels que la Banque mondiale et la BADEA,
• ainsi que les projets réalisés en Partenariat Public-Privé.
Le Conseil des ministres a pris acte de cette note, sans encore dévoiler un plan de financement ou un calendrier opérationnel détaillé.
C. Timothée ÉZÉCHIEL
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