Justice Kisangani : Guillaume Ngefa ordonne une enquête militaire après l’agression présumée d’un procureur
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Kisangani : Guillaume Ngefa ordonne une enquête militaire après l’agression présumée d’un procureur

Guillaume Ngefa devant la presse de Kisangani ©️ Serge SINDANI
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 SEPTEMBRE 2026 - 12:33 WAT · 3 min de lecture

Le dossier de l’agression présumée du procureur de la République Ikobia Bahati, chef du parquet près le Tribunal de paix de Makiso à Kisangani, prend une tournure judiciaire. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a ordonné, ce mercredi 9 septembre, l’ouverture immédiate d’une enquête confiée à la justice militaire.

Dans un message publié sur son compte X, le ministre de la Justice a indiqué avoir enjoint à l’Auditeur militaire supérieur près la Cour militaire de Kisangani d’ouvrir une enquête sur cette agression présumée. Cette instruction s’appuie sur le pouvoir d’injonction reconnu au ministre de la Justice par l’article 70 de la loi organique n° 013/011-B du 11 avril 2013.

« À la suite de l’agression présumée du Procureur Ikobia Bahati à Kisangani, j’ai enjoint l’Auditeur militaire supérieur près la Cour militaire de Kisangani d’ouvrir immédiatement une enquête, conformément à l’article 70 de la Loi organique n°013/011-B », a-t-il écrit.

L’enquête devra notamment permettre d’établir les circonstances exactes de l’incident survenu le samedi 5 septembre 2026 à la résidence officielle du magistrat, dans la commune de Makiso, ainsi que de déterminer les éventuelles responsabilités pénales.

« Cette enquête devra établir les faits et déterminer les responsabilités, y compris les responsabilités hiérarchiques et celles des policiers éventuellement impliqués. La protection des magistrats dans l’exercice de leurs fonctions est une exigence fondamentale de l’État de droit. Toute atteinte à leur intégrité ou à leur indépendance porte atteinte à l’autorité judiciaire. Le magistrat agressé doit bénéficier de toute la protection requise », a poursuivi Guillaume Ngefa.

L’agression présumée du procureur

L’affaire remonte au début de la semaine, lorsqu’une opération menée par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) aurait dégénéré à la résidence du procureur Ikobia Bahati. Selon les éléments rapportés, l’intervention était liée à une opération de lutte contre l’insalubrité ou à la gestion du domaine public.

Des policiers, agissant sous les ordres d’un commissaire supérieur, seraient intervenus au motif que la résidence du magistrat empiétait sur le domaine public.

Le procureur aurait alors demandé des explications sur le bien-fondé et le cadre légal de cette opération. La discussion aurait ensuite dégénéré en altercation, au cours de laquelle plusieurs policiers auraient physiquement agressé le magistrat.

Une vidéo montrant une partie de la scène, devenue virale sur les réseaux sociaux, a suscité de nombreuses réactions et ravivé les préoccupations concernant la protection des magistrats dans l’exercice de leurs fonctions.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dans un communiqué publié le 7 septembre, a fermement condamné les faits. Il a rappelé que les magistrats bénéficient de la protection légale de l’État dans l’exercice de leurs fonctions, estimant que de telles violences constituent une atteinte à l’indépendance de la justice et à l’État de droit.

Silas MUNGINDA

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