Luki, là où la forêt rime avec autosuffisance
Luki, là où la forêt rime avec autosuffisance
AFP
KINZAMVUETE — Au cœur du sud-ouest de la République démocratique du Congo, la forêt de Luki se transforme en un véritable pôle d’activités agricoles. Jadis connue pour sa biodiversité exceptionnelle, cette réserve naturelle devient aujourd’hui un modèle de développement agricole durable, attirant agriculteurs, ONG et investisseurs.
Grâce à ses terres fertiles et son climat propice, Luki offre un terreau idéal pour des cultures variées : manioc, maïs, haricots, bananes, fruits et légumes y prospèrent. Ce dynamisme agricole contribue à renforcer la sécurité alimentaire locale, tout en générant des revenus pour les familles rurales.
« Ce modèle économique que nous avons présenté ce vendredi 20 juin contribue non seulement à nourrir nos populations, mais aussi à créer des revenus durables », explique Alain Huart, expert belge en développement rural.
Des formations au service de l’agroécologie
Plusieurs organisations locales et internationales accompagnent cette transition en misant sur la formation des agriculteurs aux techniques respectueuses de l’environnement : agroécologie, permaculture, gestion durable des sols. Ces pratiques améliorent les rendements tout en préservant les ressources naturelles, notamment les forêts, cruciales face aux effets du changement climatique.
« Nous devons rompre avec la dépendance aux importations, alors que nous disposons de terres arables inexploitées », déplore Joël Ntumba, ingénieur agronome. « L’agriculture peut nous rendre économiquement souverains. »
Un espoir malgré les défis
Mais tout n’est pas simple à Luki. Le manque d’infrastructures, de financement et l’impact du changement climatique freinent les ambitions locales. Les paysans appellent l’État et les partenaires au développement à renforcer leur appui.
« Nous travaillons avec des moyens très limités. Pour nourrir ne serait-ce que notre localité, nous devons intensifier nos efforts. Pour l’ensemble du pays, c’est encore plus crucial », plaide Jean-Marie Mbanzu, un agriculteur local.

L’expérience de Luki démontre qu’il est possible de concilier développement économique, agriculture durable et protection de l’environnement. C’est un signal fort pour d’autres régions du pays confrontées aux mêmes enjeux : valoriser les ressources locales tout en préservant les écosystèmes.
Albert Einstein M., depuis Kinzamvuete
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