Nairobi clarifie sur la nomination de son consul à Goma
Musalia Mudavadi, Premier secrétaire du Cabinet et ministre kenyan des affaires étrangères et de la Diaspora. ©️photo droit tiers
AFP
Le gouvernement kényan a tenu à apporter lundi des précisions sur la nomination de son consul général à Goma, en République démocratique du Congo (RDC), après les inquiétudes exprimées par Kinshasa.
Le 15 août dernier, le président kényan William Ruto a procédé à la nomination et au redéploiement de vingt diplomates, parmi lesquels un consul général pour Goma. Dès le 16 août, le ministère congolais des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie a réagi officiellement, évoquant notamment l’absence de consultations préalables.
Une procédure encore incomplète
Dans une déclaration publiée ce 18 août, le Premier secrétaire du Cabinet et ministre kényan des Affaires étrangères et de la Diaspora, Musalia Mudavadi, a rappelé que la nomination présidentielle ne constitue pas en soi une affectation diplomatique. Conformément à la Constitution du Kenya et aux pratiques diplomatiques, la procédure exige d’abord l’approbation du Parlement kényan, puis l’agrément des pays hôtes concernés. Dans le cas de la RDC, l’entrée en fonction du consul général nécessitera en outre la délivrance d’un exequatur par les autorités congolaises.
Le Kenya souligne que l’article 132 (2) de sa Constitution confère au président le pouvoir de nommer des ambassadeurs, hauts-commissaires et représentants consulaires, sous réserve de l’approbation de l’Assemblée nationale, et de les révoquer. À ce titre, le président Ruto a déjà transmis les nominations à l’Assemblée nationale pour examen et approbation, conformément à la loi sur les nominations publiques (Public Appointments (Parliamentary Approval) Act).
Un processus « transparent et démocratique »
Le gouvernement insiste sur le caractère transparent, méticuleux et démocratique de ce processus, mené dans le respect de la Constitution, des usages diplomatiques et des normes internationales.
Selon Nairobi, ce réajustement de son service extérieur vise à optimiser les performances et à améliorer la qualité des services diplomatiques, en lien avec l’Agenda de transformation économique (BETA). Le Kenya assure qu’il n’est motivé par aucune rivalité géopolitique et qu’il n’a pas vocation à remettre en cause les efforts de paix régionaux ni l’intégrité territoriale de la RDC. Le pays rappelle par ailleurs son engagement constant dans les initiatives de paix en RDC, notamment dans le cadre du mécanisme conjoint EAC-SADC-UA, qu’il copréside.
Musalia Mudavadi précise avoir eu un échange avec son homologue congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, afin d’apporter ces clarifications.
Les relations diplomatiques entre le Kenya et la RDC remontent à 1963. Le Kenya a ouvert son ambassade à Kinshasa en 1968, et la RDC a établi la sienne à Nairobi la même année. La RDC dispose depuis septembre 2023 d’un consulat à Mombasa, tandis que le Kenya a inauguré son consulat général à Goma en mars 2022. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large, plusieurs pays africains et extra-africains ayant installé une représentation diplomatique à Goma pour renforcer leurs partenariats économiques.
Engagement renouvelé envers la RDC
Nairobi réaffirme son engagement à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Le Kenya et la RDC se considèrent comme des partenaires stratégiques dans plusieurs domaines, dont le commerce, l’intégration économique régionale et la sécurité. Selon le communiqué, ces intérêts partagés doivent continuer à nourrir une prospérité commune et un partenariat durable au bénéfice mutuel des deux peuples.
Odon Bakumba
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