Politique Patrick Muyaya à l’UNISIC : « Face à l’agression rwandaise, le Congo doit opposer un front médiatique patriotique »
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Patrick Muyaya à l’UNISIC : « Face à l’agression rwandaise, le Congo doit opposer un front médiatique patriotique »

Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, s’adressant aux étudiants de l’UNISIC à Kinshasa, les appelant à s’engager dans la défense médiatique de la RDC face à l’agression rwandaise, le 31 juillet 2025.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 31 JUILLET 2025 - 16:21 WAT · 3 min de lecture

En visite à l’Université des sciences de l’information et de la communication (UNISIC), le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a livré un message fort aux étudiants en journalisme, appelant à une prise de conscience nationale face à la guerre hybride menée par le Rwanda contre la République démocratique du Congo (RDC).

Revenant sur les origines du conflit dans l’Est du pays, le ministre a clairement établi un lien historique avec le génocide rwandais de 1994. Il a accusé Kigali de justifier son ingérence militaire et économique par trois « prétextes mensongers » : le discours de haine, l’accueil des réfugiés congolais et la prétendue menace persistante des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). Selon Muyaya, ces arguments ne tiennent plus, les FDLR ayant perdu leur capacité de nuisance réelle.

Le ministre a mis en lumière la complexité de l’agression subie par la RDC, qu’il qualifie de « guerre hybride », combinant des volets militaire, diplomatique, économique, informationnel et médiatique. Il a notamment dénoncé une intense propagande orchestrée par le Rwanda sur les réseaux sociaux, avec pour objectif de manipuler l’opinion internationale.

Dans ce contexte, Patrick Muyaya a exhorté les étudiants à devenir des « acteurs actifs du front médiatique patriotique ». Il a insisté sur le rôle central que doit jouer la presse congolaise, saluant sa résilience face aux nombreuses pressions. « Contrairement au Rwanda, qui avance masqué dans la manipulation, nous, Congolais, avons choisi la transparence et la vérité », a-t-il martelé.

Évoquant les enjeux économiques du conflit, le ministre a dénoncé l’exploitation illicite des ressources naturelles congolaises, notamment le coltan, dont la RDC détient 20 % des réserves mondiales. Il a accusé le Rwanda d’avoir bâti un système d’enrichissement sur le pillage des richesses congolaises. Selon lui, le refus du président rwandais Paul Kagame de signer l’accord de paix de Luanda en décembre 2024 illustre la volonté de Kigali de maintenir ce modèle prédateur.

Patrick Muyaya a par ailleurs salué les récentes avancées diplomatiques obtenues par la RDC, ayant conduit à des sanctions internationales ciblées contre des hauts responsables rwandais. Il a souligné que ces succès sont le fruit d’un travail patient de plaidoyer à travers les instances internationales.

Enfin, le ministre a abordé les discussions en cours entre Kinshasa et Washington autour du « deal minier ». Il a tenu à rappeler que les ressources minières congolaises ne sont pas cantonnées aux régions de l’Est. « Au Congo Central, des entreprises japonaises explorent déjà le manganèse », a-t-il indiqué, soulignant la position stratégique du pays au cœur de l’Afrique, entouré de neuf voisins.

Il a conclu que ce nouveau partenariat avec les États-Unis, basé sur la transparence et la lutte contre le trafic illicite, marque un tournant économique décisif. « Les entreprises américaines n’investissent que dans un environnement sain. Ce changement bénéficiera à la RDC, en sapant les fondements économiques du pillage », a assuré Patrick Muyaya.

Par ce discours engagé, le ministre entend placer la jeunesse congolaise et les futurs journalistes au cœur de la lutte pour la souveraineté nationale. Un appel solennel à défendre le Congo, non seulement avec les armes, mais aussi avec les mots, l’éthique et l’engagement.

Gilbert N.

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