Politique La bataille constitutionnelle aura lieu
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Série Bataille constitutionnelle Partie 1 sur 11
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Partie 1 — Politique

La bataille constitutionnelle aura lieu

Ville morte, marche pro-réforme, plainte annoncée contre Félix Tshisekedi, sit-in devant le Palais du peuple : en quelques jours, le débat sur le changement de la Constitution est sorti des cercles politiques pour devenir une confrontation ouverte entre pouvoir, opposition, Églises, Parlement et rue.

La Rédaction 5 juin 2026
La Rédaction
Kinshasa - 5 JUIN 2026 - 14:27 WAT · 5 min de lecture

La Constitution devient un terrain de mobilisation

KINSHASA — La Constitution congolaise n’est plus seulement un texte discuté par des juristes, des députés ou des états-majors politiques. Elle est devenue un mot d’ordre, une accusation, une promesse, un soupçon, un drapeau et désormais un terrain de mobilisation.

Depuis la journée ville morte du 3 juin, une nouvelle séquence politique s’est ouverte en RDC. L’opposition, regroupée notamment au sein de la Coalition Article 64, veut faire barrage à tout projet de changement constitutionnel. Le camp favorable à la réforme, lui, veut démontrer qu’il dispose aussi d’une capacité de mobilisation populaire.

La bataille constitutionnelle aura donc lieu. Elle aura lieu dans la rue, au Palais du peuple, devant la justice, dans les Églises, dans les provinces, sur les réseaux sociaux et dans les mots utilisés par chaque camp pour imposer son récit.

Une opposition qui veut prolonger la ville morte

Le 3 juin, la Coalition Article 64 a appelé à une journée ville morte contre le changement de la Constitution. Au lendemain de cette mobilisation, ses responsables ont voulu transformer ce premier test en calendrier politique.

Dans une vidéo parvenue à la rédaction de BETO, Delly Sesanga affirme que le C64 s’est réuni pour évaluer le déroulement de cette journée à Kinshasa. Il félicite le « peuple congolais » pour avoir, selon lui, adhéré au mot d’ordre contre le changement de la Constitution. Cette appréciation reste celle des organisateurs ; elle devra être confrontée aux observations de terrain, aux chiffres disponibles et aux réponses du pouvoir.

La coalition annonce deux nouvelles étapes : une plainte contre Félix Tshisekedi et ses « complices » le 9 juin, puis un sit-in à l’esplanade du Palais du peuple le 12 juin. Le choix de ces deux dates montre que l’opposition ne veut pas laisser la ville morte devenir un simple épisode médiatique. Elle veut en faire le point de départ d’une séquence durable.

Le camp pro-réforme veut répondre dans la rue

En face, les partisans du changement constitutionnel ne veulent pas laisser l’opposition occuper seule le terrain de la mobilisation. La Coalition citoyenne pour la Nation, conduite par l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, appelle à une marche le 5 juin à Kinshasa et dans plusieurs provinces.

Cette mobilisation est présentée par ses organisateurs comme une marche citoyenne et pacifique en soutien au processus de réforme constitutionnelle. Politiquement, elle fonctionne aussi comme une réponse à la ville morte : le 3 juin, l’opposition a voulu mesurer le silence ; le 5 juin, les pro-réforme veulent mesurer la présence.

Les deux camps revendiquent donc le même mot : le peuple. L’opposition affirme défendre l’ordre constitutionnel contre une tentative de troisième mandat. Les partisans de la réforme affirment vouloir rendre la parole au souverain primaire. Entre les deux, BETO suivra les faits, les lieux et les acteurs.

Le Parlement au centre du jeu

Cette bataille de rue s’inscrit dans une bataille institutionnelle. Le Parlement, et plus particulièrement le Palais du peuple, devient le centre symbolique de la confrontation. C’est là que les partisans de la réforme veulent faire converger leur marche ; c’est là aussi que l’opposition veut organiser son sit-in.

Le débat sur la proposition de loi relative au référendum renforce cette centralité. Pour la majorité et les défenseurs de la réforme, le référendum peut être présenté comme l’expression de la souveraineté populaire. Pour l’opposition, il peut être perçu comme l’instrument d’un contournement des verrous constitutionnels.

Le même lieu concentre donc deux imaginaires opposés : pour les uns, le Palais du peuple doit ouvrir la voie à la parole du souverain primaire ; pour les autres, il doit être protégé contre une entreprise de confiscation du pouvoir.

Ce que BETO va suivre

BETO lance cette série pour éviter deux pièges. Le premier serait de reprendre les slogans comme des faits. Le second serait de réduire le débat constitutionnel à un jeu de chefs.

La série suivra d’abord le front de la rue : villes mortes, marches, sit-in, meetings, encadrement policier, itinéraires, niveau réel de participation. Elle suivra ensuite le front institutionnel : proposition de loi sur le référendum, débats parlementaires, éventuelles saisines, réactions du pouvoir et initiatives de l’opposition.

Elle suivra aussi le front religieux, parce que les Églises et les pasteurs entrent dans la mobilisation ; le front des provinces, parce que Kinshasa ne résume pas le pays ; et le front des images, parce que chaque camp cherchera à transformer des photos ou vidéos partielles en vérité nationale.

Qui parle au nom du peuple ?

La question centrale est là. Depuis le 3 juin, pouvoir et opposition cherchent chacun à prouver qu’ils parlent au nom du peuple. Aucun des deux ne peut encore prétendre l’avoir démontré définitivement.

Une ville morte ne prouve pas, à elle seule, l’opinion majoritaire d’un pays. Une marche ne prouve pas non plus, à elle seule, l’adhésion populaire à une réforme. Une vidéo, une rue vide, une foule compacte ou un boulevard animé peuvent dire quelque chose. Ils ne disent jamais tout.

Dans cette bataille, chaque camp veut prouver qu’il incarne le peuple. Le travail de BETO sera de vérifier ce que le peuple fait réellement, ce qu’il dit, ce qu’il refuse, ce qu’il craint et ce qu’on lui fait dire.

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B
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