Politique RDC au Conseil de sécurité : une voix africaine contre l’insécurité liée aux minerais stratégiques
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RDC au Conseil de sécurité : une voix africaine contre l’insécurité liée aux minerais stratégiques

Cérémonie avant la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU du mercredi 9 juillet à New-York. Crédit photo : PNUD.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 JUILLET 2025 - 16:30 WAT · 3 min de lecture

La République Démocratique du Congo (RDC) a coparrainé, ce mercredi 9 juillet à New York, une réunion de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies, aux côtés de la Guyane et du Libéria. Placée sous la présidence de la Sierra Leone, la séance était centrée sur le thème : « La course mondiale aux minéraux critiques : lutter contre l’insécurité liée aux ressources en Afrique ».

Cette initiative visait à sensibiliser la communauté internationale à l’impact géopolitique croissant des minéraux stratégiques, tels que le cobalt, le tantale, l’étain et le tungstène, tout en identifiant des pistes d’action concrètes pour prévenir les conflits alimentés par leur exploitation illégale.

Dans son intervention, un représentant de l’ONU a souligné que « les groupes armés opérant dans l’est de la RDC continuent d’exploiter et de commercialiser ces ressources, exacerbant les conflits locaux et fragilisant la stabilité régionale ». Ce phénomène compromet non seulement les chaînes mondiales d’approvisionnement, mais freine également les efforts en faveur d’un commerce responsable des ressources.

La réunion a permis d’évaluer l’efficacité des principaux instruments de régulation existants, notamment le Processus de Kimberley, le Mécanisme régional de certification de la CIRGL, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et les lignes directrices de l’OCDE sur le devoir de diligence.

Le rapport final du Groupe d’experts des Nations Unies, présenté en mai, a mis en lumière des failles importantes dans les systèmes actuels de traçabilité des minéraux dits « 3T » (tantale, étain, tungstène), soulevant des préoccupations quant à l’intégrité des chaînes d’approvisionnement.

En toile de fond, cette réunion vise à éclairer les futures décisions du Conseil de sécurité sur les enjeux miniers en Afrique, en favorisant une coopération renforcée entre États membres, organisations régionales, secteur privé et partenaires internationaux. L’objectif est de bâtir une gouvernance minière plus transparente et plus équitable.

« La RDC détient des réserves stratégiques de minéraux critiques, indispensables à l’industrie électronique, aux smartphones et aux technologies de défense. Sans une gouvernance rigoureuse et équitable, la ruée vers ces ressources pourrait accentuer la corruption, les inégalités et les violences dans les zones riches en minerais », a alerté le PNUD.

En parallèle, les membres du Conseil ont examiné le rapport du 2 juillet relatif à la résolution 2783, adoptée le 30 juin, qui prolonge jusqu’au 1er juillet 2026 le régime de sanctions visant la RDC dans le cadre de la résolution 1533. Cette prolongation appelle à une évaluation rigoureuse des dispositifs en place et à leur harmonisation, pour garantir un commerce sécurisé, traçable et éthique des ressources naturelles africaines.

Albert Einstein M.

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