Politique RDC : Kabuya prédit à Kabila un sort similaire à celui de Jonas Savimbi
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RDC : Kabuya prédit à Kabila un sort similaire à celui de Jonas Savimbi

RDC : Kabuya prédit à Kabila un sort similaire à celui de Jonas Savimbi
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 13 OCTOBRE 2026 - 20:01 WAT · 4 min de lecture

Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a mis en garde l’ancien président Joseph Kabila contre un destin similaire à celui de Jonas Savimbi, ancien chef rebelle angolais tué en 2002. Cette déclaration intervient après l’annonce de la prise de direction du Front pour la refondation de la nation (FRN) par l’ancien chef de l’État congolais.

Augustin Kabuya s’est exprimé ce mardi 13 octobre 2026, à l’issue d’une rencontre avec Christophe Mboso Nkodia Mpwanga, au siège de l’UDPS, à Kinshasa. Pour le secrétaire général du parti présidentiel, Joseph Kabila défie désormais la communauté internationale en prenant la tête de cette nouvelle plateforme.

« Kabila finira comme Savimbi. À l’époque, Jonas Savimbi avait défié la communauté internationale. Aujourd’hui, Kabila l’a fait », a déclaré Augustin Kabuya.

Le responsable de l’UDPS a poursuivi sa mise en garde en évoquant les conséquences que pourrait entraîner cette décision de l’ancien président congolais.

« Kabila s’entête et défie la communauté internationale. Voyons ce que l’avenir nous réserve », a-t-il ajouté.

Pour justifier cette comparaison, Augustin Kabuya a rappelé le parcours de Jonas Savimbi, ancien dirigeant de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), qui avait poursuivi la lutte armée contre le pouvoir angolais pendant plusieurs décennies. Il avait été tué en février 2002 lors d’une opération menée par les forces gouvernementales angolaises.

« Certains pensent que c’est un militaire et qu’il peut se permettre de faire tout ce qui lui semble bon. Quand on regarde aussi la situation du président Eduardo dos Santos (civil) et de Savimbi (militaire), l’histoire risque de se répéter encore cette fois-ci, ici chez nous », a expliqué Augustin Kabuya.

Le secrétaire général de l’UDPS considère également que la décision de Joseph Kabila confirme les accusations formulées auparavant par le président Félix Tshisekedi concernant l’implication présumée de son prédécesseur dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.

« Ce n’est pas une surprise. Le président Félix Tshisekedi l’avait déjà dit et certaines personnes ne voulaient pas croire en son message, mais aujourd’hui, nous sommes tous rattrapés par l’histoire », a-t-il affirmé.

Augustin Kabuya estime que l’ancien chef de l’État affiche désormais ouvertement ses ambitions en prenant la direction du FRN. « Aujourd’hui, Kabila a décidé de récupérer son poste », a-t-il déclaré, sans donner davantage de précisions sur la portée de cette affirmation.

Ces déclarations interviennent au lendemain de l’annonce, à Goma, au Nord-Kivu, de la création du Front pour la refondation de la nation, présenté comme une nouvelle plateforme dirigée par Joseph Kabila. Cette annonce survient alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’Est du pays, où les affrontements armés persistent malgré les initiatives diplomatiques engagées pour mettre fin au conflit.

Présent à cette rencontre, Christophe Mboso Nkodia Mpwanga a également réagi à la nouvelle position politique de Joseph Kabila. Il considère que les récents développements donnent raison au président Félix Tshisekedi, qui avait publiquement accusé son prédécesseur d’être impliqué dans la déstabilisation de l’Est du pays.

« S’agissant des questions sécuritaires avec l’ancien chef de l’État qui devient rebelle, c’est une grande première dans l’histoire du monde et des pays africains. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le président Félix Tshisekedi est un prophète. Il avait prévenu auparavant et aujourd’hui, ça s’est réalisé », a déclaré Christophe Mboso.

Christian T. ÉZÉCHIEL

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