Climat et environnement RDC : la société civile plaide pour une réforme forestière approfondie

RDC : la société civile plaide pour une réforme forestière approfondie

Des grumes des bois pret au sciage pour une exploitation artisanale en RDC. Photo droit aux tiers.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 24 FÉVRIER 2026 - 11:17 WAT · 3 min de lecture

Les acteurs de la société civile environnementale ont appelé, ce lundi 23 février 2026 à Kinshasa, le gouvernement congolais, les partenaires internationaux, les bailleurs de fonds et tous les acteurs engagés dans la réforme du secteur forestier à réaliser une analyse sectorielle complète avant l’adoption d’une nouvelle loi forestière. Ils ont insisté sur l’importance de ne pas précipiter cette réforme, qui concerne le Code forestier en vigueur depuis août 2002. La rencontre a réuni la représentation du Fonds Monétaire International (FMI) ainsi que les parties prenantes de la révision du code.

« Notre inquiétude est que l’administration forestière semble obsédée par l’échéance du 30 mars 2026 et pressée de produire un nouveau code forestier. Une telle précipitation pourrait aboutir à une réforme bâclée. Les engagements avec le FMI doivent être respectés, mais à quoi bon être un bon élève si le résultat est catastrophique ? Il est essentiel d’élaborer d’abord une politique cohérente avant de rédiger la loi », a déclaré Joseph Bobia, porte-parole de la société civile environnementale.

Depuis novembre 2024, la République démocratique du Congo (RDC) a été invitée à préparer une feuille de route pour la révision de son code forestier avec l’assistance d’experts. Parmi les partenaires identifiés figurent le CAFI, la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD). CAFI a la responsabilité de fixer le calendrier des travaux allant de novembre 2024 à mars 2026. Selon le FMI, la société civile doit continuer son plaidoyer pour garantir le succès de cette réforme.

« Le FMI encourage tous les acteurs à s’impliquer et à convaincre le gouvernement de l’importance de cette réforme. Si aucun progrès n’est réalisé d’ici fin avril 2026, le décaissement des fonds prévu en juin 2026 pourrait être retardé de six mois. La réforme forestière doit s’inscrire dans l’échéance globale du programme, fixée à décembre 2027. Tout retard pourrait rendre le financement caduc », indique le communiqué de la société civile environnementale.

La société civile souligne par ailleurs que les engagements entre le FMI et le gouvernement concernent essentiellement ce dernier, même si les programmes concernés sont portés par l’État. Ces engagements visent à soutenir non seulement les initiatives climatiques, mais aussi d’autres secteurs prioritaires.

« La prochaine mission d’évaluation sera cruciale pour échanger sur ces questions. Le FMI devra tenir compte des alertes et recommandations formulées par les acteurs sociaux afin de progresser vers le bien-être du peuple congolais », ont-ils insisté.

Une mission d’évaluation du FMI est prévue à Kinshasa la semaine prochaine, avec un rapport attendu en avril 2026. Elle devra vérifier les avancées de la RDC dans la mise en œuvre de la réforme et signaler d’éventuels manquements pouvant impacter le calendrier de décaissement, nécessitant éventuellement une reprogrammation. Le gouvernement congolais sera responsable de fournir les éléments nécessaires pour toute demande de dérogation.

Albert Einstein M


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