RDC : L’ODEP dénonce un «affaiblissement» des contrôles financiers et se retire de l’IGF
RDC : L’ODEP dénonce un «affaiblissement» des contrôles financiers et se retire de l’IGF
AFP
L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) annonce son retrait officiel du partenariat entre la société civile et l’Inspection Générale des Finances (IGF). Cette décision, officialisée par un communiqué signé le 6 janvier par Florimond Muteba Tshitenge, président du Conseil d’administration de l’ODEP, intervient dans un contexte de critiques acerbes contre la gouvernance budgétaire et le climat politique sous la présidence de Félix Tshisekedi.
Dans son communiqué, l’ODEP justifie ce retrait par des dysfonctionnements majeurs dans la gestion des finances publiques et la gouvernance budgétaire de l’État. Le dernier rapport de l’organisation, intitulé «Le bilan de la gouvernance budgétaire du Président Félix Tshisekedi de 2022 à 2025 », met en lumière des pratiques controversées :
Des dépassements budgétaires récurrents ; Une corruption endémique et des détournements persistants ; Des dépenses irrationnelles ; La suppression de la Patrouille Financière, un dispositif efficace de contrôle à priori.
Selon l’ODEP, ces dysfonctionnements résultent d’un affaiblissement volontaire des mécanismes de contrôle, aggravé par un contexte de népotisme et de favoritisme au sein des institutions publiques.
L’ODEP pointe également une détérioration générale du climat politique et social en République Démocratique du Congo. Des atteintes aux libertés fondamentales, l’insécurité généralisée et une crise humanitaire aiguë, avec plus de 7 millions de déplacés, viennent ternir le bilan de l’actuel chef de l’État.
Le retrait de l’ODEP du partenariat intervient également dans un contexte où l’IGF, selon l’organisation, a été affaiblie par des initiatives mal avisées, notamment son dédoublement avec l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), jugé coûteux et inefficace.
Le communiqué de l’ODEP ne manque pas de critiquer directement les choix du président Félix Tshisekedi. La suppression de la Patrouille Financière, qui avait contribué à doubler les recettes publiques entre 2018 et 2023, est perçue comme une manœuvre facilitant les abus au sein du pouvoir.
Florimond Muteba Tshitenge rappelle que les chiffres officiels relatifs à la reddition des comptes sont souvent maquillés, et appelle à une gouvernance budgétaire plus transparente et responsable.
Pour sortir de cette impasse, l’ODEP formule plusieurs recommandations :
- Réhabiliter la Patrouille Financière pour renforcer le contrôle des dépenses publiques ;
- Mettre fin au dédoublement de l’IGF avec l’ANR ;
- Organiser une conférence nationale et internationale sur la crise humanitaire ;
- Mobiliser les ressources nécessaires pour doubler les recettes publiques d’ici 2025.
Le communiqué se termine sur une note amère, rappelant la tentative d’agression contre la résidence du président du conseil d’administration de l’ODEP, Florimond Muteba Tshitenge, lors de la nuit de Noël, un acte qu’il considère comme une conséquence directe de la dégradation du climat politique.
Gilbert NM