Justice RDC : Ngefa veut accélérer les réformes pour restaurer la crédibilité de la Justice
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RDC : Ngefa veut accélérer les réformes pour restaurer la crédibilité de la Justice

RDC : Ngefa veut accélérer les réformes pour restaurer la crédibilité de la Justice
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 23 AOÛT 2026 - 10:14 WAT · 5 min de lecture

Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a annoncé, vendredi 21 août 2026, l’ouverture prochaine de procès publics dans plusieurs dossiers liés au phénomène « Folio ». Cette annonce intervient dans un contexte où le gouvernement entend renforcer la lutte contre l’impunité et réduire le « désert judiciaire » qui prive encore une partie de la population d’un accès effectif à la justice.

Lors d’un briefing de presse organisé par le ministère de la Communication et des Médias dans le cadre de l’exercice de redevabilité du gouvernement, Guillaume Ngefa a dressé le bilan de sa première année à la tête du ministère. À ses côtés, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a également pris part à cet exercice.

Le ministre a reconnu l’ampleur des difficultés auxquelles demeure confrontée la justice congolaise.

« Notre Justice souffre encore d’un certain nombre de dysfonctionnements qui nécessitent des réformes structurantes. La Justice d’un pays doit être revêtue du sceau de la crédibilité », a-t-il déclaré.

Des réformes à consolider

Guillaume Ngefa a présenté les principales mesures engagées depuis sa prise de fonctions. Parmi celles-ci figurent la création du Tribunal pénal économique et financier, le projet de loi anticorruption, la réforme de la justice militaire ainsi que la modernisation de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires.

Le ministre a également évoqué l’opérationnalisation de la profession notariale et la transformation numérique du secteur à travers le programme « Justice 2.0 ».

Dans le même temps, il affirme avoir instauré un mécanisme permanent de suivi des injonctions, notamment dans les dossiers liés à la corruption et aux spoliations, tout en assurant vouloir préserver l’indépendance de la justice.

La lutte contre le « désert judiciaire » constitue un autre axe de cette politique. Après la construction de nouvelles infrastructures à Lubumbashi, Demba et Kinshasa-Kalamu, le ministère prévoit la réalisation de six autres complexes judiciaires.

L’objectif affiché est de renforcer la couverture judiciaire du territoire et de rapprocher les tribunaux des citoyens.

Des prisons toujours sous tension

La situation demeure toutefois préoccupante dans les établissements pénitentiaires. La surpopulation carcérale, l’insuffisance de l’alimentation, l’accès aux soins et les conditions d’hygiène restent, selon le ministre, des problèmes persistants, malgré les mesures de désengorgement, les libérations conditionnelles, les transferts de détenus et les projets de réhabilitation.

« La privation de liberté ne doit jamais devenir une privation de dignité », a insisté Guillaume Ngefa.

Le financement constitue également un obstacle majeur. Le ministre estime qu’une enveloppe d’environ 50 millions de dollars consacrée à la justice, dans un pays de plus de 100 millions d’habitants, reste largement en deçà des besoins.

Il plaide ainsi pour un financement plus important, durable et prévisible, qu’il considère comme indispensable à la mise en œuvre effective des réformes.

La justice congolaise veut s’affirmer sur le plan international

Sur le plan diplomatique, Guillaume Ngefa a fait de la « diplomatie judiciaire » un instrument de défense des intérêts de la République et de lutte contre l’impunité.

Il a notamment évoqué la requête introduite par la RDC contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice (CIJ), le 26 juin 2026, ainsi que le renforcement de la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) et plusieurs États.

Selon le ministre, les auteurs de crimes commis en RDC dans le contexte du conflit dans l’Est du pays devront répondre de leurs actes lorsque leur responsabilité aura été établie. Cette exigence vaut également, a-t-il souligné, pour les ressortissants étrangers et, lorsque les conditions juridiques sont réunies, pour les responsables hiérarchiques.

« Il ne doit y avoir ni sanctuaire ni impunité pour les auteurs et responsables de crimes graves commis sur le territoire congolais », a-t-il affirmé.

Interrogé par des étudiants présents dans la salle, le ministre est notamment revenu sur la procédure engagée devant la CIJ contre le Rwanda, mais aussi sur les conditions de détention et l’alimentation des prisonniers.

« Accélérer » après une première année de fondations

Guillaume Ngefa reconnaît toutefois qu’une année ne pouvait suffire à résoudre l’ensemble des difficultés auxquelles fait face la justice congolaise. Il considère cette première étape comme une période consacrée à la mise en place des fondations et à l’engagement des réformes.

La deuxième année devra désormais, selon lui, être celle de « l’accélération, de la consolidation et de la traduction des réformes en résultats concrets ».

Avec cette feuille de route, le ministère de la Justice entend faire émerger une justice plus crédible, accessible et efficace, capable de mieux protéger les citoyens, de combattre l’impunité et de restaurer la confiance dans l’État.

Gloire MALUMBA

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