Kolumbila-Kolwezi: ce qu’il faut savoir du projet de ligne électrique de 190 km porté par le FIS-RDC
De gauche à droite : Marc Orphanides (EnPower), Nina Massangu (FIS-RDC), Emile Osumba (FIS-RDC), Julie Shiku (Portefeuille), Doudou Fwamba Likunde (Finances), Gracia Yamba Kazadi (Finances), Gonzalo De Olazaval (Trafigura), Léo Trembley (Suisse) et Chris Flavin (Gridworks).
AFP
À Kinshasa, une nouvelle pièce vient de s’ajouter au puzzle des infrastructures énergétiques de la RDC. Mardi 6 octobre 2026, au Centre des Congrès, le Fonds d’Investissement Stratégique de la République démocratique du Congo (FIS-RDC) et ses partenaires EnPower, Gridworks Partners et Trafigura ont signé un mémorandum d’investissement autour du Kalumbila-Kolwezi Interconnector Project (KKIP).
Sur le papier, le projet est ambitieux : relier Kalumbila, en Zambie, à Kolwezi, dans le Lualaba, au moyen d’une ligne électrique à haute tension de 190 kilomètres. Dans une région où l’activité minière repose largement sur la disponibilité de l’énergie, cette interconnexion entend apporter davantage de fiabilité au réseau desservant le Lualaba et le Haut-Katanga.
Une ligne de 190 kilomètres
Le projet prévoit une ligne de 330 kV, équipée de deux faisceaux de conducteurs et conçue selon le principe de redondance N-1. Autrement dit, le réseau devrait pouvoir continuer à fonctionner en cas de défaillance de l’un de ses principaux éléments.
Trois postes électriques sont également prévus, dont deux à Kolwezi.
Mais, à ce stade, il convient de garder la tête froide : la signature du mémorandum ne signifie pas encore que les travaux vont démarrer, ni que le financement du projet est définitivement bouclé.
Le document signé formalise plutôt la volonté des différentes parties de travailler ensemble à la structuration du projet. Il ouvre ainsi la voie à une phase d’instruction détaillée, au cours de laquelle les aspects techniques, financiers et opérationnels devront être approfondis.
Le FIS-RDC mise sur le co-investissement
Dans ce montage, le FIS-RDC intervient comme co-investisseur et partenaire institutionnel congolais. EnPower assure le développement du projet, Gridworks Partners, filiale de British International Investment (BII), intervient comme co-investisseur, tandis que Trafigura joue le rôle offtaker et prêteur.
Pour Émile Osumba, directeur général du FIS-RDC, le KKIP représente la première transaction du Fonds et illustre sa volonté de contribuer au financement des infrastructures stratégiques du pays.
Le responsable estime que le renforcement de l’approvisionnement énergétique de la ceinture cuprifère pourrait, à terme, soutenir la croissance industrielle, favoriser la création d’emplois qualifiés et accroître les recettes fiscales de l’État.
Le FIS-RDC entend par ailleurs jouer un rôle de catalyseur, en utilisant son intervention pour attirer d’autres capitaux privés et institutionnels autour des projets stratégiques.
Une ambition énergétique qui dépasse les frontières
Au-delà de la seule question de l’électricité destinée au secteur minier, le KKIP porte une dimension régionale. En reliant les réseaux de la RDC et de la Zambie, le projet vise à renforcer l’intégration énergétique entre les deux pays.
Les promoteurs mettent également en avant les retombées économiques locales attendues ainsi que la possibilité de mobiliser davantage de capitaux autour des infrastructures énergétiques.
Pour autant, plusieurs inconnues demeurent. Aucun montant d’investissement, aucune quote-part ni condition financière n’ont été communiqués à ce stade. Le calendrier de démarrage des travaux n’a pas non plus été précisé.
La balle est désormais dans le camp de l’instruction détaillée. C’est à l’issue de cette étape que devraient se préciser les contours financiers et opérationnels du projet, ainsi que son calendrier de mise en œuvre.
Créé par le décret n°25/031 du 2 octobre 2025 et placé sous la tutelle du ministère des Finances, le FIS-RDC se veut un levier de mobilisation et de structuration des financements destinés aux secteurs stratégiques de l’économie congolaise.
Christian T. ÉZÉCHIEL
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