Droits humains Kanyabayonga : 74 personnes retenues dans deux centres de santé fermés pour deux cas non confirmés

Kanyabayonga : 74 personnes retenues dans deux centres de santé fermés pour deux cas non confirmés

Les centres de Rebois et Singamwambe sont fermés depuis le 2 octobre pour vingt et un jours. Soignants, malades, cinq femmes enceintes et trois nouveau-nés sont à l’intérieur, sous contrôle militaire.

Des agents d'hygiène décontaminent le personnel soignant à la sortie d'un centre de traitement Ebola

Hygiene agents disinfect medical staff after they finish patient rounds as part of doffing procedures at the MSF Ebola Treatment Centre in Lwiro, South Kivu.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 15 OCTOBRE 2026 - 16:50 WAT · 2 min de lecture

À Kanyabayonga, dans la zone de santé de Kayna (Nord-Kivu), deux centres de santé de référence sont fermés depuis le 2 octobre 2026 pour une durée de vingt et un jours, après la notification de deux cas suspects d’Ebola. Au treizième jour de ce confinement, le 14 octobre, au moins 74 personnes se trouvaient retenues à l’intérieur des structures de Rebois et de Singamwambe.

Parmi elles : du personnel soignant, des malades hospitalisés, cinq femmes enceintes, des garde-malades et trois nouveau-nés. Des militaires contrôlent les accès. Les deux cas à l’origine de la mesure n’étaient toujours pas confirmés au moment où la situation a été rapportée.

Vingt et un jours, la durée de la période d’incubation

Les vingt et un jours correspondent à la durée maximale d’incubation du virus Ebola, qui sert de référence au suivi des contacts. C’est la même règle qui pèse sur les déplacements et les transactions bien au-delà des zones touchées.

Appliquée à un bâtiment entier plutôt qu’à des personnes identifiées, la mesure enferme ensemble des contacts potentiels et des gens qui ne le sont pas. Un habitant interrogé sur place résume l’incompréhension : « Je me demande pourquoi l’on ferme les structures alors qu’il ne s’agit pas encore de cas confirmés. »

Le coût invisible : ceux qui ne viennent plus

Deux centres de référence hors service pendant trois semaines, dans une cité qui en compte peu, cela signifie des accouchements, des paludismes et des urgences qui se reportent ailleurs ou nulle part. L’effet connu de ces fermetures est l’éloignement durable des malades des structures de soins, bien après la levée de la mesure.

Le Nord-Kivu fait partie des provinces touchées par la 17e épidémie. Le ministère de la Santé recense 22 zones de santé classées en alerte maximale sur 64 touchées. La riposte a déjà montré ce que les crises sanitaires disent de l’État congolais, et combien les montants annoncés recouvrent des périmètres différents.

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B
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