Réforme de la PNC : la RDC lance l’enrôlement biométrique de ses policiers pour éliminer les agents fictifs
Le gouvernement a lancé jeudi à Kinshasa le contrôle biométrique de la Police nationale : 168 617 policiers recensés, dont 21 % « passifs ». L'opération, confiée à Africa Business Agency, vise à éliminer les agents fictifs et à maîtriser la masse salariale.
Réforme de la PNC : la RDC lance l’enrôlement biométrique de ses policiers pour éliminer les agents fictifs
AFP
Le gouvernement congolais a lancé, jeudi 9 juillet à Kinshasa, le contrôle biométrique des effectifs de la Police nationale congolaise (PNC). L’opération vise à bâtir un fichier unique et sécurisé des policiers, puis à en retrancher les agents fictifs. La réunion de lancement, présidée par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a chiffré les effectifs : la PNC compte 168 617 policiers, dont près de 21 % jugés « passifs ».
Le projet est confié à la société Africa Business Agency (ABA), en collaboration avec la direction de l’informatique du Commissariat général de la PNC. Il combine l’audit des données existantes, le contrôle physique et biométrique des agents et leur enrôlement. Le gouvernement en attend un fichier fiable, une meilleure gestion des ressources humaines et une maîtrise de la masse salariale.
« Sans une maîtrise rigoureuse des effectifs et une base biométrique fiable, aucune réforme structurelle ne peut être engagée », a déclaré Jacquemain Shabani. Le ministre a présenté l’identification comme « le fondement de la réforme » de la police, et « la condition sine qua non de toute politique efficace de gestion des ressources humaines » au sein de l’institution.
L’opération sera déployée sur l’ensemble du territoire en six mois et concernera environ 157 000 policiers, a précisé le président du conseil d’administration d’ABA, Claude Kikoka Mbala. « À l’issue de ce projet, chaque policier disposera d’une identité administrative unique et d’une identité biométrique certifiée par sa présence physique sur le terrain », a-t-il expliqué. « Son affectation sera validée par la hiérarchie et rattachée à une unité existante. Chaque opération de contrôle laissera une preuve, garantissant ainsi une meilleure traçabilité. »
Reste la question des moyens. Le vice-Premier ministre a associé à la réunion les ministres du Budget et des Finances. « Le déploiement dans les 26 provinces nécessite des moyens conséquents », a-t-il souligné, appelant à « la mobilisation rapide des ressources » pour le matériel, les consommables et la maintenance des équipements.
L’enrôlement commencera à Kinshasa avant son extension aux provinces, où le gouvernement a déjà relancé le recrutement policier. En passant ses effectifs au crible de la biométrie, il cherche à débusquer doublons et agents fictifs, à réduire la facture salariale et à asseoir la gouvernance d’une police régulièrement accusée de porter des rangs gonflés.
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