« La CENCO ne nous a jamais aidés » : Kabuya rompt avec les évêques au moment où la présidence les sollicite
Lors d’une causerie morale au siège du parti présidentiel le dimanche 1er novembre 2026, Augustin Kabuya a affirmé que l’UDPS était arrivée au pouvoir « sans le concours » de la Conférence épiscopale nationale du Congo, et que celle-ci « roulait » le parti quand ils marchaient ensemble. Le propos survient un mois après une démarche du chef de l’État vers le président de la CENCO à Lubumbashi.
« La CENCO ne nous a jamais aidés » : Kabuya rompt avec les évêques au moment où la présidence les sollicite
AFP
Le président intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya, a affirmé le dimanche 1er novembre 2026, au siège du parti présidentiel à Kinshasa, que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) n’avait jamais aidé sa formation à accéder au pouvoir.
« Quand nous étions ensemble avec la CENCO, elle nous roulait et nous n’arrivions pas au pouvoir. Ce n’est que quand nous nous sommes séparés que nous sommes arrivés au pouvoir sans elle », a-t-il déclaré lors d’une causerie morale.
« La CENCO ne nous a jamais aidés. Nous sommes arrivés au pouvoir sans son concours. Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir avec l’appui de sa base et la bénédiction divine », a-t-il ajouté.
Ce que recouvre la rupture évoquée
La séquence à laquelle renvoie le propos est connue. En décembre 2016, les évêques de la CENCO avaient conduit la médiation qui a abouti à l’accord dit de la Saint-Sylvestre, signé au Centre interdiocésain de Kinshasa. L’UDPS y était partie prenante, aux côtés du Rassemblement conduit par Étienne Tshisekedi.
Deux ans plus tard, au lendemain du scrutin présidentiel de décembre 2018, la mission d’observation de la CENCO avait affirmé que ses données, collectées par des dizaines de milliers d’observateurs, désignaient un vainqueur différent de celui proclamé par la Commission électorale nationale indépendante. C’est cet épisode que les cadres du parti présidentiel évoquent lorsqu’ils parlent d’un soutien qui leur aurait fait défaut.
Le bâtiment où s’était négocié l’accord de 2016 est pourtant resté un lieu de passage obligé. La CENCO y a réuni le 16 septembre dernier le porte-parole du gouvernement, Martin Fayulu et Marie-Ange Mushobekwa autour du dialogue national.
Un propos à contretemps de la démarche présidentielle
La déclaration intervient alors que l’exécutif cherche de son côté à ramener les Églises dans le processus. Le 3 octobre, Félix Tshisekedi a dépêché à Lubumbashi son directeur de cabinet Anthony Nkinzo et son conseiller Fortunat Biselele auprès du président de la CENCO.
Cette démarche faisait suite à une série de signaux contraires. Le texte présidentiel du 27 août instituant le dialogue ne nomme pas une seule fois les deux confessions, alors qu’elles avaient annoncé ce dialogue le 17 juillet et porté le Pacte social pendant dix-huit mois. La CENCO n’avait pas réagi publiquement à l’adresse du chef de l’État.
Depuis la mi-septembre, la CENCO et l’ECC se sont retirées du débat public : aucune déclaration sur la marche du 15 septembre, sur la mort de Manassé Lomboto, sur la prise de tête du Front pour la refondation de la nation par Joseph Kabila, ni sur les treize partis interdits.
Ni réaction des évêques, ni démenti du parti
La CENCO n’a pas réagi à ces propos. Aucune mise au point n’a été publiée par la direction de l’UDPS pour préciser ou nuancer la déclaration de son président intérimaire.
Augustin Kabuya s’était déjà exprimé publiquement à deux reprises en octobre sur la situation politique, notamment pour comparer la trajectoire de Joseph Kabila à celle de Jonas Savimbi.
Rédaction
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