Rutshuru : HRW préoccupée par le nettoyage ethnique mené par le M23
Rutshuru : HRW préoccupée par le nettoyage ethnique mené par le M23
AFP
Selon HRW, les tueries commises à Binza semblent s’inscrire dans une offensive militaire visant les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé rwandais à majorité hutue, issu en partie des responsables du génocide de 1994 au Rwanda.
« Dans les cas documentés par Human Rights Watch, la majorité des victimes appartenaient à l’ethnie hutue et certaines à l’ethnie nande. Le fait que le M23 s’en prenne à des civils hutus vivant près des bastions des FDLR soulève de graves préoccupations de nettoyage ethnique », a déclaré l’organisation.
Les opérations incriminées auraient été conduites par le 1er Bataillon de la 1re Brigade du M23, sous le commandement du colonel Samuel Mushagara et du général de brigade Baudoin Ngaruye. Ce dernier est déjà sous sanctions de l’ONU pour son rôle dans des crimes de guerre passés. Des habitants ont affirmé avoir reconnu la participation directe de militaires rwandais, en identifiant leurs uniformes et accents. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ainsi que des sources militaires ont confirmé l’implication de l’armée rwandaise.
Face à ces atrocités, HRW appelle le gouvernement congolais, le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne et les bailleurs de fonds du Rwanda à réagir avec fermeté. « Les responsables de ces crimes doivent être sanctionnés, arrêtés et traduits en justice. Les gouvernements qui apportent une assistance militaire au Rwanda devraient réexaminer leurs programmes pour éviter de soutenir indirectement ces violations », insiste l’ONG.
Clémentine de Montjoye, chercheuse à HRW, a dénoncé le décalage entre les discours diplomatiques et la réalité sur le terrain : « Les massacres commis par le M23, soutenu par le Rwanda, montrent le fossé entre la rhétorique internationale et la souffrance des civils dans l’est de la RDC. Les accords de paix ne dispensent en rien de la responsabilité de respecter le droit international humanitaire. »
En juillet 2025, le M23 aurait exécuté sommairement plus de 140 civils – majoritairement des Hutus – dans au moins 14 villages et communautés agricoles de Rutshuru. Ces massacres renforcent les inquiétudes sur la volonté des rebelles de recourir à la violence ciblée plutôt qu’au dialogue pour instaurer la paix.
Azarias Mokonzi
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