En continu Semaine africaine de l’UNESCO 2026 : la RDC plaide pour une citoyenneté environnementale fondée sur l’éducation et la jeunesse

Semaine africaine de l’UNESCO 2026 : la RDC plaide pour une citoyenneté environnementale fondée sur l’éducation et la jeunesse

À UNESCO, à Paris, la République démocratique du Congo affirme son ambition de peser dans les débats continentaux sur le développement durable. Du 19 au 22 mai 2026, le pays prend une part active à la Semaine africaine de l’UNESCO, dont il assure cette année la présidence, à travers une délégation conduite notamment par la

Semaine africaine de l’UNESCO 2026 : la RDC plaide pour une citoyenneté environnementale fondée sur l’éducation et la jeunesse
AFP

Kinshasa - 20 MAI 2026 - 08:11 WAT · 5 min de lecture

À UNESCO, à Paris, la République démocratique du Congo affirme son ambition de peser dans les débats continentaux sur le développement durable. Du 19 au 22 mai 2026, le pays prend une part active à la Semaine africaine de l’UNESCO, dont il assure cette année la présidence, à travers une délégation conduite notamment par la ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, et la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner.

Placée sous le thème de la disponibilité durable de l’eau et de l’assainissement en lien avec les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, cette édition rassemble gouvernements, diplomates, experts et acteurs culturels autour de conférences, panels et expositions dédiés aux défis du continent.

Dans ce cadre, la RDC entend faire entendre une voix singulière, articulée autour d’un triptyque stratégique : éducation, jeunesse et citoyenneté environnementale.

Intervenant dès la première journée des travaux, lors d’un panel consacré aux politiques de jeunesse, d’éducation et de gouvernance, Raïssa Malu a posé les fondements de l’approche congolaise. Pour elle, l’éducation environnementale ne relève plus d’un choix pédagogique, mais d’une exigence nationale face aux défis liés à l’eau, au climat et à la préservation des ressources naturelles.

« Notre pays détient environ 52 % des réserves d’eau douce de surface de l’Afrique. Cette richesse est une chance, mais surtout une responsabilité continentale et mondiale », a-t-elle déclaré, avant d’insister sur la nécessité de transformer cette abondance en levier de développement. Dans cette optique, l’eau est pensée non seulement comme une ressource, mais comme un outil d’apprentissage, de santé publique et de construction citoyenne.

À travers le programme de la Nouvelle Citoyenneté, la RDC ambitionne ainsi de former une génération consciente à la fois de ses droits et de ses devoirs. « L’eau n’est pas seulement une ressource naturelle ; c’est une compétence citoyenne », a martelé la ministre, appelant à faire de chaque école un espace de santé, de dignité et de science. Dans cette perspective, l’éducation devient un instrument de transformation sociale, capable de convertir le potentiel hydrique du pays en développement durable.

La question de la jeunesse s’impose comme un axe central de cette vision. Avec une population majoritairement jeune, dont plus de 60 % a moins de 25 ans, la RDC place l’école au cœur de la construction de l’avenir. Il s’agit, selon Raïssa Malu, de relier trois dimensions essentielles : la compréhension scientifique des ressources, le respect civique du bien commun et la promotion du vivre-ensemble.

Dans ce contexte où les ressources naturelles peuvent alimenter des tensions, la ministre a plaidé pour une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et la coopération. Elle a notamment évoqué le rôle du bassin du Congo, partagé entre plusieurs États, comme un espace stratégique d’« hydro-diplomatie ». « L’eau ne s’arrête pas aux frontières administratives. Le bassin du Congo doit devenir une école de coopération régionale », a-t-elle affirmé, appelant à inculquer très tôt cette culture aux jeunes générations.

Au-delà des savoirs scientifiques, la RDC entend également valoriser les connaissances locales et autochtones, perçues comme complémentaires dans la gestion durable des ressources. Une approche intégrée qui vise à renforcer l’appropriation des enjeux environnementaux par les communautés et à ancrer les politiques publiques dans les réalités locales.

Pour la ministre d’État, investir dans l’éducation liée à l’eau revient à investir dans la santé, la dignité, l’égalité des chances et la paix. « Protéger l’eau, c’est protéger l’enfant, la santé, l’école, la paix et l’avenir », a-t-elle insisté, résumant ainsi la portée multidimensionnelle de cette stratégie.

En assurant la présidence de cette Semaine africaine, la RDC entend franchir un cap symbolique et stratégique. Il ne s’agit plus seulement d’être considéré comme le « château d’eau de l’Afrique », mais de devenir un véritable laboratoire de citoyenneté environnementale et de coopération régionale. « Notre responsabilité est de transformer un potentiel hydrique exceptionnel en compétences, en emplois, en cohésion sociale et en développement durable », a conclu Raïssa Malu.

Riche en activités conférences de haut niveau, rencontres avec la société civile, expositions, projections, gastronomie et expressions culturelles, la Semaine africaine de l’UNESCO 2026 offre ainsi à la RDC une tribune de choix pour affirmer sa vision. Une vision qui place l’éducation et la jeunesse au cœur de la transformation durable du continent africain.

Christian T. ÉZÉCHIEL


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