Éducation & Formation Semaine de la Science 2026: plus 10 000 élèves plongés dans 20 ateliers pour apprendre la science par le geste

Semaine de la Science 2026: plus 10 000 élèves plongés dans 20 ateliers pour apprendre la science par le geste

Semaine de la Science 2026: plus 10 000 élèves plongés dans 20 ateliers pour apprendre la science par le geste
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 16 AVRIL 2026 - 15:28 WAT · 5 min de lecture

À l’Athénée de la Gombe, à Kinshasa, la 13e édition de la Semaine de la Science et des Technologies (SST13) a pris, cette année, une orientation résolument pratique. Organisée du 11 au 16 avril 2026 par l’Asbl Investing in People, en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, cette rencontre scientifique a mis l’accent sur les ateliers comme principal levier d’apprentissage. Sous le thème « Au cœur du geste technique », l’événement a transformé la science en une expérience concrète, accessible et vivante pour près de 10 000 élèves.

Dans le Village des sciences, les stands d’exposition ont laissé place à une dynamique d’expérimentation où chaque atelier devenait un espace d’initiation, de manipulation et de compréhension. Loin des approches théoriques classiques, les élèves ont été invités à toucher, tester et expérimenter, découvrant ainsi que la science se construit avant tout par le geste.

Parmi les ateliers les plus marquants, le « défi du pont express » a plongé les participants dans les réalités de l’ingénierie. À travers la construction de structures, les élèves ont appris à analyser les forces telles que la compression et la traction, comprenant rapidement que la forme triangulaire garantit une meilleure stabilité. Dans « catapulte minute », ils ont exploré les lois du mouvement, découvrant que la précision d’un tir dépend de paramètres bien définis comme l’angle, la tension et la gravité.

Cette immersion s’est poursuivie avec la « course de voiture à élastique », où la transformation de l’énergie potentielle en énergie cinétique a été mise en évidence. L’atelier « centre de gravité en action » a, quant à lui, relié la physique à des situations concrètes de la vie quotidienne, notamment en matière de sécurité dans le transport ou la construction.

D’autres ateliers ont permis d’aborder les fondamentaux de la mécanique et de la mesure scientifique. Le « pendule humain » a introduit les notions de mouvement oscillatoire et de périodicité, tandis que la « balance à plateau » a aidé à distinguer masse et poids, en insistant sur la précision du geste. Avec le « dynamomètre en action », les élèves ont appris à mesurer une force et à la traduire en données chiffrées, donnant ainsi du sens aux lois physiques.

La dimension énergétique et technologique n’a pas été en reste. Dans « allumer une LED à la force du bras », les participants ont observé la transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique. L’atelier « du geste au code » a, lui, ouvert une fenêtre sur l’automatisation, montrant comment un simple mouvement peut être converti en signal numérique grâce à des capteurs. Quant au démontage et remontage d’un moteur électrique, il a mis en lumière l’importance de la précision technique dans le fonctionnement des systèmes mécaniques.

Les ateliers pratiques ont également valorisé les métiers techniques. La « soudure électronique express » a permis aux élèves d’assembler des circuits, soulignant l’importance de la minutie pour garantir la continuité électrique. À travers la pyrogravure ou la gravure sur verre, ils ont découvert des gestes artisanaux souvent observés dans leur environnement, mais rarement compris dans leur logique technique.

Sur le plan des sciences chimiques, plusieurs ateliers ont suscité curiosité et émerveillement. « Chimie des couleurs » a démontré comment des indicateurs naturels permettent de révéler le pH d’une solution, tandis que « mousse chimique express » a illustré les réactions entre substances simples. Avec « corps purs, mélanges et séparations », les élèves ont appris à manipuler et à distinguer les matières à travers des techniques comme la filtration ou l’évaporation.

Certains ateliers ont également abordé des enjeux économiques et stratégiques. « Du sol au smartphone » a particulièrement retenu l’attention en expliquant la transformation des minerais tels que le cobalt et le coltan en composants électroniques. Une manière pour les élèves de comprendre la chaîne de valeur et les défis liés à l’exploitation des ressources en République démocratique du Congo.

Au-delà des connaissances scientifiques, ces ateliers ont mis en avant des compétences essentielles telles que la coordination, la concentration et la précision. L’activité inspirée du jeu « Docteur Maboul » en a été une illustration, rappelant que la maîtrise du geste est indissociable de la réussite scientifique.

La visite officielle du Village des sciences, le 14 avril, conduite par la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, accompagnée notamment de Patrick Muyaya et Marc Ekila, a confirmé l’intérêt des autorités pour cette approche pédagogique. En parcourant les différents ateliers, les membres du gouvernement ont salué une initiative qui rapproche l’école des réalités techniques et professionnelles.

À travers cette 13e édition, la Semaine de la Science et des Technologies a démontré que les ateliers constituent un outil puissant pour éveiller les vocations.

Christian T. ÉZÉCHIEL


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