BTP & Infrastructures SICOMINES : les travaux de la RN1 désenclavent le Grand Kasaï et le Grand Katanga sur l’axe Mbuji-Mayi–Nguba (833 km)

SICOMINES : les travaux de la RN1 désenclavent le Grand Kasaï et le Grand Katanga sur l’axe Mbuji-Mayi–Nguba (833 km)

Plus grand projet d'infrastructures financé par la SICOMINES, la RN1 désenclave le pays en reliant le Grand Kasaï au Grand Katanga.

SICOMINES : les travaux de la RN1 désenclavent le Grand Kasaï et le Grand Katanga sur l’axe Mbuji-Mayi–Nguba (833 km)
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 NOVEMBRE 2026 - 16:46 WAT · 5 min de lecture

En République Démocratique du Congo, la construction de la Route nationale numéro un (RN1), plus grand projet d’infrastructures financé entièrement par la Sino-congolaise des mines (SICOMINES) dans le cadre du programme sino-congolais, permet aujourd’hui de désenclaver le pays en reliant l’espace Grand Kasaï (centre) à l’espace Grand Katanga (sud-est).

Sur l’ensemble de l’axe de 833 km reliant Mbuji-Mayi à Nguba, réparti en 6 lots, le tracé est aujourd’hui rendu praticable. Au cœur de ce projet, le lot 3, long d’environ 152 km de Kaniama à Lumba Mongo, revêt une importance stratégique : c’est lui qui assure la jonction entre les deux grands espaces, longtemps séparés par une piste presque inexistante.

Les travaux d’ouverture ont déjà rendu la route praticable, relançant les activités commerciales et ravivant l’espoir de développement au sein de la population.

L’ingénieur Hans, chef de mission de surveillance du lot 3, indique : « Nous allons construire une route en béton bitumineux comme sur tout le linéaire des 833 km. Actuellement sur ce lot, sur une partie du tronçon, les travaux sont déjà à la couche de base. Nous poursuivons avec les travaux d’ouverture, la construction des ponts et la pose des buses. Sept ponts métalliques seront remplacés par des ponts en béton. À ce jour, 2 ponts sont déjà achevés et 3 autres sont en cours d’exécution à un stade avancé. Nous avons d’abord assuré la praticabilité pour permettre à la population de relier Kaniama à Kamina pendant la poursuite des travaux de modernisation ».

Ces travaux préparatoires sont fortement appréciés par la population, qui constate déjà une réduction considérable du temps de trajet et une baisse des prix des denrées alimentaires et des matériaux de construction.

Des trajets de jours réduits à quelques heures

« Bien avant, pour relier Kaniama à Kamina, il nous fallait minimum 9h à 10h. Aujourd’hui, il nous faut au maximum 4h30. On peut quitter Kaniama à 6h pour être à Kamina à 10h, puis à Kolwezi à 21h », témoigne M. Mutumishi, motard sur l’axe Kaniama-Kamina-Kolwezi. Un trajet qui prenait quatre jours ne prend plus qu’une journée.

A partially completed bridge over a waterway, surrounded by earthworks and tropical vegetation, with construction workers and observers nearby.

« Ici, nous sommes dans le territoire de Kaniama, nous n’avions jamais vu auparavant des travaux d’infrastructures dans notre territoire. Vous pouvez constater que les travaux ont bien démarré et notre souhait est qu’ils arrivent jusqu’à la fin. C’est cela notre souci. Ce que nous voyons au début est déjà bien. Nous disons merci au Président Fatshi [Félix Tshisekedi Tshilombo] et aux partenaires chinois qui font du bon travail. Que Dieu de notre chefferie de Kaniama leur ajoute encore de l’intelligence et les accompagne dans leur travail », déclare Paulin Kabeya Kabeya, chef du groupement Mwene Tshiyi, chefferie Mutombo-Mukulu, territoire de Kaniama.

Même constat chez les transporteurs. Jean-Paul Lukozi, conducteur de camion, note des progrès considérables : « Je viens de Lubumbashi, je viens d’arriver à Kaniama pour décharger et charger de nouveau pour Mbuji-Mayi. Avant, pour quitter Kaniama vers Mbuji-Mayi, on faisait des jours. Aujourd’hui, même chargé, en quittant Kaniama à 6h, on est déjà à Mbuji-Mayi à 19h. Alors, il y a déjà une grande amélioration et un grand progrès sur la route. Nous félicitons les Chinois pour les travaux effectués, ils évoluent très bien et nous souhaitons qu’ils continuent et progressent pour encore plus d’amélioration. »

Du côté des agriculteurs, cette route contribue à la lutte contre la faim. Le maïs, les légumes produits à Kaniama ou encore les chèvres des fermes de la région peuvent désormais atteindre facilement Kinshasa à l’ouest, ou Lubumbashi et Kolwezi au sud-est. Kaniama abrite notamment l’important centre agro-pastoral du Service National de Kaniama Kasese, l’un des plus grands producteurs de maïs du pays, dont la production bénéficie directement de ce désenclavement.

Grâce à SICOMINES, le maïs de Kaniama arrive enfin à Kolwezi, Mbuji-Mayi et Kinshasa

Pour les véhicules légers, le gain est encore plus spectaculaire. « Je suis très content car aujourd’hui, en voiture personnelle, on peut quitter Kaniama à 6h et arriver à Mbuji-Mayi ou à Kamina à 10h-11h par route, puis prendre le vol Mbuji-Mayi – Kinshasa ou Kamina – Lubumbashi à 15h-16h. Ce qui était impossible les années antérieures. Grâce à cette route, je peux récolter les légumes ou mon maïs et égorger une chèvre à la ferme pour que mes enfants à Kinshasa mangent frais le jour même. Kaniama se développe, les prix baissent et le trafic s’améliore, grâce à la bonne collaboration entre la Chine et la RDC. Et quand la route sera totalement achevée de Nguba à Mbuji-Mayi, Kaniama va se développer davantage », déclare Dominique Ngoie Kanonde, Secrétaire Général de la Confédération des Agriculteurs et Éleveurs pour le Développement du Territoire de Kaniama (CAFEDEKA).

Longtemps symbole de l’enclavement, la RN1 devient aujourd’hui le trait d’union entre le centre et le sud-est du pays. Au-delà du bitume, c’est toute une économie locale qui se remet en mouvement. Une preuve que la coopération sino-congolaise produit des résultats visibles et utiles à la population.

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B
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