Plus de 200 kilomètres de caténaires de la SNCC volés autour de Luena
Les fils caténaires en cuivre pur qui alimentent les trains ont disparu sur les axes Tenke-Lubudi, dans le Lualaba, et Mukulakulu-Kamina, dans le Haut-Lomami. Deux personnes ont été interpellées le 27 septembre avec des câbles de 2 600 volts. La société civile parle d’un « trafic mafieux structuré ».
Plus de 200 kilomètres de caténaires de la SNCC volés autour de Luena
AFP
Plus de deux cents kilomètres de fils caténaires en cuivre pur ont été volés sur le réseau de la Société nationale des chemins de fer du Congo, autour de Luena, selon Radio Okapi. Ces fils alimentent les trains en énergie électrique. Sans eux, la traction électrique ne fonctionne pas.
Deux axes, deux provinces
Les vols portent sur deux tronçons. L’axe ferroviaire Tenke-Lubudi, dans le Lualaba, et l’axe Mukulakulu-Kamina, dans le Haut-Lomami. Deux provinces, donc, et le cœur du réseau électrifié du sud du pays.
Deux personnes ont été interpellées le 27 septembre, vers une heure du matin, au poste de péage de Mukulakulu, à une douzaine de kilomètres de Luena. Elles transportaient des câbles de haute tension de 2 600 volts.
Les conséquences dépassent le rail. Ces vols perturbent la desserte électrique de Bukama, de Luena et des localités environnantes.
« Trafic mafieux structuré »
La société civile locale ne parle pas de larcins isolés. Ses coordonnateurs qualifient l’activité de « trafic mafieux structuré », et demandent l’intervention des gouvernements national et provincial ainsi que la tenue d’audiences foraines à Luena pour juger les auteurs sur place.
L’ampleur avancée, plus de deux cents kilomètres, suppose en effet des moyens de démontage, de transport et d’écoulement qui excèdent le vol d’opportunité. Le cuivre pur des caténaires est directement revendable.
La direction provinciale de la SNCC a indiqué qu’elle réagirait.
Ce que cela dit du corridor
Le réseau de la SNCC est la colonne vertébrale ferroviaire du Katanga historique, et il est l’un des maillons congolais des projets de désenclavement en cours. Devant l’Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre a fait du Corridor de Lobito un instrument de l’industrialisation régionale, en avertissant qu’un corridor réduit au chemin de la mine au port ne ferait que reproduire le passé.
Un réseau dont deux cents kilomètres de caténaires disparaissent pose la question dans l’autre sens : avant de moderniser, il faut conserver.
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