Soudan : Israël envisagerait une riposte militaire contre les forces d’Al-Burhan, accusées de collusion avec l’Iran
Soudan : Israël envisagerait une riposte militaire contre les forces d’Al-Burhan, accusées de collusion avec l’Iran
AFP
Des rapports médiatiques récents font état d’un climat de haute tension au sein des autorités militaires du gouvernement de Port-Soudan, alors qu’Israël envisagerait une éventuelle action militaire contre les forces du général Abdel Fattah Al-Burhan. En cause : leur coopération croissante avec l’Iran et les Gardiens de la révolution islamique.
Selon plusieurs sources, les forces d’Al-Burhan auraient récemment transféré du matériel militaire iranien vers des zones civiles afin de les soustraire à toute détection. Elles chercheraient également à rapatrier discrètement les membres des Gardiens de la révolution présents au Soudan.
Les autorités soudanaises ont quant à elles ordonné le silence médiatique sur le conflit latent entre Téhéran et Tel-Aviv. Les médias proches du gouvernement de Port-Soudan ont adopté une ligne éditoriale neutre, malgré les affrontements entre les deux puissances qui se sont intensifiés ces dernières semaines.
Un rapprochement militaire progressif entre Khartoum et Téhéran
La coopération entre l’Iran et les forces d’Al-Burhan s’est accélérée depuis la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays en juillet 2024, après huit années de rupture. Ce rapprochement s’est traduit par un appui militaire croissant de Téhéran au gouvernement de Port-Soudan, notamment dans le cadre de la guerre civile opposant les forces gouvernementales aux Forces de soutien rapide (FSR).
Dès la fin de l’année 2024, les livraisons d’armes iraniennes, dont des drones et des missiles, se sont multipliées. En décembre, l’agence Bloomberg avait révélé que Téhéran avait fourni à Al-Burhan des drones de type Mohajer-6 et Ababil-3, similaires à ceux déployés en Ukraine.
Le 17 mars dernier, une cargaison secrète acheminée depuis Téhéran par un avion-cargo de la compagnie « Fars Air Qeshm » a été interceptée par des observateurs internationaux. L’avion, un Boeing 747 immatriculé EP-FAB, aurait transporté des équipements militaires sensibles jusqu’à Port-Soudan, malgré la désactivation de son système de suivi aérien. Des vols similaires avaient été enregistrés depuis Bandar Abbas l’année précédente.
Des inquiétudes régionales et des réactions israéliennes attendues
Cette intensification des relations militaires entre Khartoum et Téhéran inquiète fortement Tel-Aviv. En avril, des médias israéliens avaient déjà rapporté la colère du gouvernement israélien, qui voyait dans ce rapprochement une tentative d’Al-Burhan de faire pression sur Israël, ou même de le punir pour ne pas l’avoir soutenu dans le conflit soudanais.
Israël soupçonne l’Iran d’utiliser le Soudan comme nouveau point d’appui stratégique dans la région, à l’image du modèle appliqué au Yémen. L’objectif serait, selon plusieurs analystes, d’armer progressivement une entité alliée pour en contrôler politiquement et militairement la capitale.
Des voix critiques au sein de la classe politique soudanaise redoutent que ce jeu d’alliances n’entraîne le pays dans des conflits régionaux plus larges. Le retour de l’influence iranienne, après son déclin en Syrie avec la chute du régime de Bachar el-Assad en 2024, ravive aussi les craintes d’un embrasement confessionnel et géopolitique au Soudan.
Outre le soutien militaire, l’Iran renforce également sa présence par des leviers éducatifs et culturels. Des établissements scolaires et universitaires chiites ont vu le jour au Soudan, illustrant la stratégie d’implantation idéologique menée par Téhéran à travers son « soft power ».
L’ancien ministre iranien du Renseignement, Heydar Moslehi, avait d’ailleurs déclaré publiquement que « la révolution iranienne n’a pas de frontières », confirmant l’ambition de Téhéran d’étendre son influence au-delà de ses frontières.
Une escalade à surveiller de près
Alors que le conflit entre les forces d’Al-Burhan et les FSR continue de faire rage, l’ombre d’une intervention israélienne plane désormais sur la scène soudanaise. Si elle se concrétisait, une telle offensive pourrait faire basculer la guerre civile dans une dimension régionale, impliquant de facto les grandes puissances du Moyen-Orient.
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