Sud-Kivu : l’OCHA alerte sur un accès humanitaire entravé et des retours de déplacés fragiles
Sud-Kivu : l’OCHA alerte sur un accès humanitaire entravé et des retours de déplacés fragiles
AFP
C’est ce qui ressort du rapport d’aperçu humanitaire couvrant la période du 16 au 22 décembre 2025, publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).
Selon ce document, environ 270 ménages, ayant fui vers le Burundi au début du mois de décembre, sont retournés à Baraka, dans le territoire de Fizi, depuis le 19 décembre. Ces retours seraient principalement motivés par l’insuffisance de l’aide humanitaire et les conditions de vie précaires observées au Burundi. Toutefois, l’OCHA souligne que les conditions d’accueil dans les zones de retour demeurent extrêmement fragiles.
Au moins cinq centres de santé situés dans les zones de santé de Ruzizi et de Fizi ont été pillés et vandalisés, compromettant gravement l’accès aux soins de santé pour les communautés retournées et les populations hôtes. Le secteur de l’éducation n’est pas épargné : huit écoles primaires bénéficiaires du programme d’alimentation scolaire du Programme alimentaire mondial (PAM) ont également été vandalisées, perturbant la scolarité des enfants et privant de nombreux élèves de repas scolaires essentiels.
Par ailleurs, une épidémie de choléra a été signalée dans la zone de santé de Ruzizi, sur le territoire d’Uvira. Entre le 15 et le 19 décembre, les autorités sanitaires, en collaboration avec leurs partenaires, ont enregistré 165 nouveaux cas et cinq décès, accentuant l’urgence d’un accès rapide aux soins de santé et aux interventions de prévention.
L’OCHA fait également état de contraintes sécuritaires persistantes entravant les opérations humanitaires dans le Sud-Kivu. Le 19 décembre, deux partenaires humanitaires ont été temporairement bloqués au poste de contrôle de Kamanyola alors qu’ils se rendaient à Uvira.
Grâce à l’intervention de l’OCHA auprès des autorités locales, ils ont finalement pu poursuivre leur mission, bien que des retards supplémentaires aient été signalés au poste de contrôle de Kamanyola–Katogota. La veille, le PAM et d’autres partenaires humanitaires avaient déjà rapporté des incidents similaires sur le même axe.
Face à ces entraves répétées, l’OCHA indique poursuivre le dialogue avec les autorités de facto et les groupes armés non étatiques, dans le but de faciliter l’accès humanitaire et de préparer une mission spécifique dédiée à l’amélioration de l’accès aux populations affectées.
Silas MUNGINDA