Éducation & Formation RDC : la rentrée scolaire dans un pays à 6 100 cas d’Ebola et à provinces occupées

RDC : la rentrée scolaire dans un pays à 6 100 cas d’Ebola et à provinces occupées

Les élèves ont repris ce 1er septembre. Cinquante-six zones de santé sont touchées, et à Masisi la rentrée est maintenue malgré l'insécurité et les déplacements.

RDC : la rentrée scolaire dans un pays à 6 100 cas d’Ebola et à provinces occupées
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 1 SEPTEMBRE 2026 - 11:31 WAT · 3 min de lecture

Les élèves congolais ont repris le chemin de l’école ce mardi 1er septembre. Le même jour, le bulletin épidémiologique arrêtait le décompte à 6 100 cas confirmés et 2 950 décès au 30 août. Cinquante-six zones de santé sont touchées dans six provinces. C’est dans ce pays-là que la rentrée 2026-2027 a lieu.

Le gouvernement a annoncé encadrer la reprise face à l’épidémie. La ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Raïssa Malu, a par ailleurs annoncé 78 cantines scolaires pilotes pour cette année scolaire.

Deux contraintes qui ne se ressemblent pas

Une rentrée en zone épidémique et une rentrée en zone de guerre ne posent pas les mêmes problèmes. La première suppose du triage, des points de lavage des mains, la détection de cas suspects parmi les élèves et la capacité de suspendre une classe sans fermer une école. La seconde suppose que les familles soient là, que les bâtiments existent encore et que le chemin de l’école soit praticable.

À Masisi, au Nord-Kivu, la rentrée a été maintenue malgré l’insécurité et les déplacements de population. Le Nord-Kivu compte douze zones de santé touchées par Ebola sur trente-quatre, et huit nouveaux cas y ont été confirmés en vingt-quatre heures le 30 août. Les deux contraintes s’y additionnent.

L’Ituri, province la plus touchée avec vingt-huit zones de santé atteintes sur trente-six, illustre ce que l’épidémie fait au reste du système : les décès de femmes en couches y ont doublé depuis le début de la flambée. Quand la confiance dans les structures se retire, elle ne se retire pas seulement des centres de traitement.

Ce que l’école représente dans une épidémie

Une salle de classe est un lieu de densité. C’est aussi, dans une épidémie, le seul endroit où un adulte formé voit chaque enfant tous les jours. Les organisations engagées dans la riposte plaident depuis des semaines pour que les enseignants et les responsables communautaires soient formés à repérer les cas et à orienter les malades, précisément parce que plus de 60 % des décès surviennent hors des centres de traitement.

Le plan multisectoriel de riposte adopté par le Conseil des ministres du 28 août intègre d’ailleurs explicitement le volet éducation, aux côtés de la stratégie centrée sur les villages et de la sécurisation du corridor fluvial du fleuve Congo.

Reste la question des enseignants eux-mêmes. L’Intersyndicale a appelé à reprendre les cours dès ce 1er septembre, ce qui suppose que le mot d’ordre soit suivi dans des provinces où la paie de proximité reste un chantier.

Quatre chiffres manquent pour juger de cette rentrée. Le nombre d’écoles fermées ou déplacées dans les zones occupées n’a pas été publié. Le nombre d’enseignants formés au repérage des cas suspects n’est pas connu. La liste des 78 établissements retenus pour les cantines pilotes n’a pas été rendue publique. Et aucun protocole écrit n’a été diffusé sur la conduite à tenir lorsqu’un cas suspect apparaît dans une classe.

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B
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