Trois ans de guerre au Soudan : un bilan alarmant de meurtres, tortures et violations des droits humains
Trois ans de guerre au Soudan : un bilan alarmant de meurtres, tortures et violations des droits humains
AFP
Alors que le conflit au Soudan s’approche de sa quatrième année à la mi-avril 2026, les rapports sur les violations massives des droits de l’homme, les déplacements forcés et les famines persistantes restent largement ignorés par la communauté internationale. Selon Abdulbagi Jibril, représentant principal du Centre africain pour la démocratie et les droits de l’homme auprès des Nations unies à Genève, le monde est confronté à des transformations rapides et dangereuses qui menacent la jouissance des droits humains sur le continent africain (Centre africain pour la démocratie et les droits de l’homme, 2026).
Lors d’un séminaire en marge de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme, il a souligné que certaines régions d’Afrique ont progressé dans la protection des droits humains, tandis que d’autres, comme le Soudan, connaissent une détérioration inquiétante due aux conflits internes, aux activités des groupes terroristes et aux changements anticonstitutionnels de pouvoir (ONU, 2026).
Le Soudan est désormais considéré comme l’une des pires crises humanitaires au monde. L’intransigeance des autorités militaires soutenues par des groupes religieux fondamentalistes, et leur refus de négocier politiquement, explique en grande partie la persistance des combats. Jibril appelle la communauté internationale à exercer une pression forte sur l’armée soudanaise pour obtenir le transfert du pouvoir aux civils et la mise à l’écart de l’institution militaire (Centre africain pour la démocratie et les droits de l’homme, 2026).
Le Département d’État américain a classé la confrérie des Frères musulmans au Soudan comme organisation terroriste, incluant la brigade Al-Baraa Ibn Malik, considérée comme la branche militaire et politique du mouvement (CSW, 2026). Selon Christian Solidarity Worldwide (CSW), cette brigade est responsable de graves violations des droits de l’homme et d’attaques à motivation ethnique contre des civils du Soudan du Sud et de la communauté Kanabi après la prise de l’État d’Al-Jazira par l’armée en janvier 2025. CSW rapporte également des exécutions extrajudiciaires de combattants soupçonnés d’appartenir aux Forces de soutien rapide et de civils affiliés, encouragées par des prédicateurs islamistes extrémistes (CSW, 2026).
La semaine dernière, le journal Al-Jamahir a confirmé la mort d’au moins neuf civils, dont cinq femmes, lors d’un bombardement par drone sur le marché du terminal d’Al-Geneina, dans la ville de Nyala, État du Darfour du Sud (Al-Jamahir, mars 2026). Human Rights Watch rapporte que ces frappes s’inscrivent dans une série d’attaques aériennes menées depuis mars 2025 contre des villes, villages et marchés, y compris à Khartoum, El-Fasher et le Kordofan occidental, faisant des dizaines de morts et de blessés parmi les civils (HRW, 2026). Le rapport indique que les forces d’Abdel Fattah al-Burhan et leurs alliés islamistes détiennent illégalement des personnes accusées de collaboration avec les Forces de soutien rapide, souvent sur des bases ethniques. En avril 2025, plus de 25 femmes risquaient la peine de mort pour de telles accusations, tandis qu’en septembre 2025, plus de 3 000 militants politiques étaient détenus dans l’État d’Al-Jazira (HRW, 2026).
Face à ces atrocités, le Royaume-Uni a imposé en février 2026 des sanctions à Abou Aqila Keikel, commandant des Forces du Bouclier du Soudan, pour son rôle dans le conflit et l’apport de mercenaires et de matériel militaire (UK Government, 2026).
L’Union européenne avait déjà sanctionné des individus et entités soudanais en juillet 2025 pour violations graves des droits de l’homme et menace à la stabilité du pays (UE, 2025).
Rédaction
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