Grand angle « La victoire de Trump est une mauvaise nouvelle pour Kabila », affirme un média américain

« La victoire de Trump est une mauvaise nouvelle pour Kabila », affirme un média américain

GRAND ANGLE — Open source investigations, un média américain en ligne initié par des journalistes d'investigations, pense que l'élection de Donald John Trump à la présidence des Etats-Unis est une mauvaise nouvelle pour le président Joseph Kabila, qui s'est pourtant facilité de l'arrivée du républicain à la Maison blanche.

« La victoire de Trump est une mauvaise nouvelle pour Kabila », affirme un média américain
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 14 NOVEMBRE 2016 - 18:58 WAT · 6 min de lecture

Comme plusieurs présidents africains, le président Joseph Kabila s’est félicité de l’élection du républicain Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique contre la démocratique Hillary Clinton le 8 novembre dernier.  Dans un communiqué signé par son Directeur de Cabinet,  le président congolais a félicité « au nom du peuple Congolais et en son nom propre » le milliardaire américain Donald Trump pour ce qu’il qualifie de « brillante élection » à la tête des Etats-Unis, tout en faisant part de sa « disponibilité » pour travailler avec lui à l’« affermissement des relations d’amitié et de coopération » existantes entre la RDC et les Etats-Unis.

Contre toute attente, Donald Trump a été élu président des États-Unis en remportant une victoire convaincante contre Hillary Clinton. Le milliardaire de 70 ans a lancé un appel à l’unité après la campagne présidentielle la plus déchirante de l’histoire du pays. Prenant la parole vers 3h du matin (le 09 novembre), le président élu a félicité sa rivale pour son «travail acharné». «Le temps est venu de panser les plaies de la division, de refaire notre unité en tant que peuple. Je m’engage à être le président de tous les citoyens», a lancé Donald Trump devant ses partisans rassemblés dans un hôtel de New York. Il prendra officiellement ses fonctions le 20 janvier 2017.

Le gouvernement congolais, dont les relations s’étaient largement dégradé avec l’administration Obama voit d’un bon oeil l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. « À cette heure aux EtatsUnis les sondages montrent qu’ils ont souvent vu faux, qu’ils ont souvent été manipulés. Je l’ai prévenu sur RFI« , s’est empressé de déclaré Kin-Kiey Mulumba, Ministre congolais et cadre du la Majorité Présidentielle au pouvoir, via compte Twitter.

Cette enthousiasme des Kabilistes n’est pas partagé par les Open source investigations (OSI). Pour ce média américain, la pression exercée par Washington contre Kinshasa n’était pas la seule initiative des démocrates ou de Barack Obama.

« Quelques jours avant les élections présidentielles des Etats-Unis, quatre membres du Congrès ont demandé à Barack Obama d’élargir les sanctions contre Joseph Kabila et d’initier  des initiatives judiciaires supplémentaires contre des officiels de RDC« , souligne OSI.

OSI fait en effet référence à la lettre du Congrès américain adressée au président Barack Obama pour lui demander de prendre de « nouvelles sanctions » contre des autorités congolaises qui, selon lui, bloqueraient le processus démocratique en République démocratique du Congo.

« Nous apprécions les efforts déployés par votre Administration (Barack Obama) pour promouvoir la bonne gouvernance en République démocratique du Congo (RDC) en décrétant des sanctions aux hauts fonctionnaires qui constituent une menace pour la paix. Cependant, nous vous exhortons à étendre la portée des sanctions américaines et à les coordonner avec les partenaires européens afin d’aider à éviter ce que beaucoup d’observateurs, y compris les fonctionnaires de l’Administration, redoutent une nouvelle instabilité à la fin du mandat de Joseph Kabila le 19 décembre de cette année, conformément à la limite prescrite par la Constitution de la RDC.« , déclare cette lettre adressée au président américain Barack Obama.

« La lettre des membres du Congres au président Obama est bipartisane, étant soutenue par les Démocrates et les Républicaines. Deux législateurs ont signé la lettre : Ed Royce, Président du Comité des Affaires Etrangères de la Chambre, et Chris Smith, Président du Sous-comité de la Chambre pour l’Afrique. Tous les deux membres sont très influents au Congrès, Royce et Smith ont été très impliqués dans la campagne présidentielle de Donald Trump« , relève OSI.

Les plus sévères critiques de Kabila viennent des conseillers de Trump

M. et Mme Royce en compagnie de Donald Trump
M. et Mme Royce en compagnie de Donald Trump

Cette lettre bipartisane des membres du Congrès a été également  signée par Karen Bass, membre du Sous-comité de la Chambre sur l’Afrique et Eliot Engel, membre du Comité des Affaires Etrangères de la Chambre des représentants. Karen Bass et Eliot Engel sont membres du parti démocrate. Chris Smith et Ed Royce sont Républicaines.

« Le 13 juin dernier, une résolution demandant de manière insistante le respect de la constitution en République Démocrate de Congo dans la transition démocratique du pouvoir en 2016 a été promulguée par la Chambre des Représentants des Etats-Unis. Dix jours plus tard, les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre le général Célestin Kanyama. La Résolution de la Chambre a été introduite par le membre du Congrès Chris Smith et a été co-soutenue par le membre du Congrès Ed Royce« , fait savoir OSI.

Elu en 1980, Chris Smith est à présent à son 18ème mandat de deux ans dans la Chambre des Représentants des EU. M. Smith occupe la position de membre principal du Comité des Affaires Etrangères, et il est le président des Sous-comités sur l’Afrique, la Santé Globale, Droits de l’Homme Globale et des Organisations Internationales. Chris Smith est renommé partout dans le monde comme un combattant pour les droits de l’homme qui lutte pour des sanctions contre les pays qui oppressent leurs citoyens.Profondément impliqué dans la campagne de Donald Trump, Chris Smith a été co-président de la « Pro-life », une coalition soutenant le candidat présidentiel Républicain.

Ed Royce, à son tour, est un « Congressman » Républicain qui représente le 39 District de Californie du Sud dans la Chambre des Représentants. Un des plus influents membres du Congrès, Ed Royce a été élu président du Comité des Affaires Etrangères de la Chambre depuis 2013. Il est le leader dans la lutte globale pour avancer les droits de l’homme, et les élections libres et transparentes. Ed Royce est aussi un conseiller de haut niveau  du nouveau Président élu des Etats-unis , Donald Trump. Le « Congressman » Royce a annoncé son soutien pour Donald Trump en mai 2016 et est resté avec lui pendant l’entière campagne présidentielle.

Plusieurs autres membres du partis démocrates sont présentés par ce média américain comme des farouches opposants au régime de Kinshasa, comme pour appuyer la thèse selon laquelle, l’élection de Donald Trump n’est pas une bonne nouvelle pour la RDC.

De son côté, le nouveau président américain ne s’est pas encore exprimé sur la question. Donald Trump, qui prendra ses fonctions en janvier 2017 a, par ailleurs, montré sa fidélité au parti Républicain en procédant à la nomination des leaders de la droite américaine à des postes clés.


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B
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