Édito. « Les linges sales se lavent en famille » : la formule de Martin Fayulu déclasse le vocabulaire de la guerre, efface 7,3 millions de déplacés et désarme les leviers obtenus à Washington et à Doha.
Martin Fayulu affirme depuis Paris que Joseph Kabila et Corneille Nangaa sont parties prenantes du dialogue national. Kinshasa s'y oppose. Le désaccord ne porte plus sur une date mais sur une liste.
Le président a.i. de l'UDPS/Tshisekedi conteste le chiffre de 47 % des minerais du Katanga prêté à la famille présidentielle, défend le bilan de son parti et met en cause le régime Kabila.
Le domaine agro-industriel fondé par Laurent-Désiré Kabila en pleine guerre est resté à l’abandon les dix-huit ans de présidence de son fils. C’est Félix Tshisekedi qui l’a relevé, pendant que Washington enregistre Joseph Kabila à Goma.
Le rapport de l'ONU documente un remaniement de l'AFC/M23 avec Joseph Kabila « pressenti pour un rôle de premier plan », et Nangaa prêt à lui céder la place. Comment l'ancien président devient le visage politique de l'agression rwandaise.
On parle de « rébellion ». Le mot est trompeur : dès lors que Kigali arme et commande, c'est une agression d'État déguisée. Et même cet instrument est fracturé : les experts de l'ONU en documentent trois fractures. Grand angle.
Derrière un front uni contre la révision constitutionnelle, l'opposition congolaise avance en ordre dispersé. Ce que le dialogue et la marche du 22 juillet révèlent de ses calculs : l'urne pour Fayulu, la présidentielle pour Katumbi, la survie judiciaire pour le camp Kabila.
Le 7 août 1991, au Palais du peuple, des Congolais s'asseyaient pour refonder leur pays. Le 17 juillet 2026, un cardinal sortait d'une audience pour annoncer que le chef de l'État avait « levé l'option » d'un dialogue entre fils et filles du Congo. Trente-cinq ans séparent les deux dates. Entre elles, le pays s'est assis cinq fois. Cinq fois, il s'est relevé avec un organigramme. Et cinq fois, la question qui l'avait fait s'asseoir est restée sur la table.
Le 6 juillet, au retour de Bujumbura, BETO décrivait ici une mécanique simple : une coalition qui n'existe que par un refus survit tant qu'on ne lui demande rien d'autre que de refuser. Onze jours plus tard, on lui demande autre chose. En annonçant que le chef de l'État a « levé l'option » d'un dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a posé sur la table de l'opposition la seule question qu'elle avait réussi à ne pas trancher : dire oui, à quoi, et à quel prix.
Ancien porte-parole de Joseph Kabila pendant douze ans, Lambert Mende affirme avoir été « manipulé » et dit désormais donner raison au président Félix Tshisekedi, qui accuse son prédécesseur de liens avec l'AFC/M23. Joseph Kabila nie.