Le rapport de l'ONU documente un remaniement de l'AFC/M23 avec Joseph Kabila « pressenti pour un rôle de premier plan », et Nangaa prêt à lui céder la place. Comment l'ancien président devient le visage politique de l'agression rwandaise.
On parle de « rébellion ». Le mot est trompeur : dès lors que Kigali arme et commande, c'est une agression d'État déguisée. Et même cet instrument est fracturé : les experts de l'ONU en documentent trois fractures. Grand angle.
Derrière un front uni contre la révision constitutionnelle, l'opposition congolaise avance en ordre dispersé. Ce que le dialogue et la marche du 22 juillet révèlent de ses calculs : l'urne pour Fayulu, la présidentielle pour Katumbi, la survie judiciaire pour le camp Kabila.
Le 7 août 1991, au Palais du peuple, des Congolais s'asseyaient pour refonder leur pays. Le 17 juillet 2026, un cardinal sortait d'une audience pour annoncer que le chef de l'État avait « levé l'option » d'un dialogue entre fils et filles du Congo. Trente-cinq ans séparent les deux dates. Entre elles, le pays s'est assis cinq fois. Cinq fois, il s'est relevé avec un organigramme. Et cinq fois, la question qui l'avait fait s'asseoir est restée sur la table.
Le 6 juillet, au retour de Bujumbura, BETO décrivait ici une mécanique simple : une coalition qui n'existe que par un refus survit tant qu'on ne lui demande rien d'autre que de refuser. Onze jours plus tard, on lui demande autre chose. En annonçant que le chef de l'État a « levé l'option » d'un dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a posé sur la table de l'opposition la seule question qu'elle avait réussi à ne pas trancher : dire oui, à quoi, et à quel prix.
Ancien porte-parole de Joseph Kabila pendant douze ans, Lambert Mende affirme avoir été « manipulé » et dit désormais donner raison au président Félix Tshisekedi, qui accuse son prédécesseur de liens avec l'AFC/M23. Joseph Kabila nie.
Sur un espace X, Julien Paluku met en cause Joseph Kabila et le Rwanda et refuse tout référendum tant que la guerre à l'Est dure. Décryptage de propos qui pèsent.
Le mouvement rebelle qui occupe une partie de l'est de la RDC s'apprêterait à changer de visage. Selon un rapport du Groupe d'experts de l'ONU rendu public le 1er juillet, un remaniement de l'AFC/M23 se prépare. Il irait jusqu'au changement de nom. Et un homme y occuperait une place centrale : l'ancien président Joseph Kabila. Le document éclaire d'un jour cru la recomposition d'une rébellion qui pèse sur tout l'Est.
Des images diffusées samedi montrent le fils de l’ancien président recevant son diplôme dans un établissement que l’hebdomadaire L’Illustré surnomme « l’école la plus chère du monde ». Frais affichés : plus de 150 000 dollars par an.
Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, figures du camp Kabila, sont détenus depuis l'hiver sans avoir vu un juge. Au moment où le pouvoir engage la révision de la Constitution, leur cas devient le test de l'état du droit en RDC.