Walikale : Après les incendies du M23, des centaines de familles abandonnées en brousse sans abri ni assistance
Les habitants de Walikale fouillant les attaques des rebelles du M23
AFP
Près d’un mois après l’incendie de leurs maisons par les rebelles du M23/AFC, plusieurs familles du territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, continuent de vivre dans la brousse, sans abris, ni vivres, ni assistance humanitaire.
C’est ce qu’a révélé Fiston Misonia, président de la société civile locale, ce vendredi 11 juillet 2025, à BETO.CD. Selon lui, les sinistrés, dont de nombreux enfants, se trouvent actuellement dans une situation d’extrême précarité dans les localités reculées, notamment dans les forêts autour de Banamulema, suite aux attaques menées en juin dernier.
«Ils sont exposés à toutes les intempéries, privés de nourriture, d’eau potable et de soins. Leurs maisons incendiées en juin dernier, ces personnes manquent de tout et vivent sans aucune assistance », alerte Fiston Misonia.
Les villages les plus touchés par ces violences sont notamment Buhimba, Ngambi et Chanjikiro. Une partie des déplacés a pu se réfugier dans d’autres villages du groupement Kasimba, mais dans des conditions tout aussi difficiles.
La crise touche durement les enfants, privés d’éducation depuis la destruction de leur cadre scolaire. « Tout est paralysé. Les enfants ne vont plus à l’école et sont exposés à toutes sortes de dérives », déplore Misonia.
Le président de la société civile appelle le gouvernement congolais, à travers les FARDC et les jeunes résistants Wazalendo, à renforcer les opérations pour restaurer l’autorité de l’État dans la région. Selon lui, seule une reprise effective du contrôle du territoire permettra le retour des déplacés.
«Le rétablissement de l’autorité de l’État est une urgence pour permettre aux milliers de déplacés de regagner leurs villages et reprendre une vie normale », plaide-t-il.
Il exhorte également la communauté internationale à se saisir des violations graves des droits humains perpétrées par le M23/AFC pour que justice soit faite.
Lavie Changwi, secrétaire administratif du groupement Kisimba, confirme l’ampleur des dégâts : plus de 800 ménages, dont la majorité à Buhimba, ainsi qu’une école ont été totalement détruits par les flammes.
Bien que l’armée congolaise ait récemment repris ces zones aux mains des rebelles, la population, toujours traumatisée et dépourvue de moyens, peine à revenir sur place.
Face à cette situation humanitaire alarmante, les forces vives locales lancent un appel pressant à l’État congolais et aux partenaires humanitaires pour une aide d’urgence, en vivres et non-vivres, afin de venir en aide à ces familles abandonnées.
Azarias Mokonzi
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