Justice Au lendemain du 12 juin, le front des condamnations se densifie face à Tshisekedi
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Au lendemain du 12 juin, le front des condamnations se densifie face à Tshisekedi

Katumbi parle de sang sur les mains. Kabund décrit une violence mixte coordonnée. Le PPRD de Joseph Kabila dénonce les Forces du progrès. Human Rights Watch réclame une enquête impartiale. Tour d'horizon d'une journée où chaque camp a précisé son texte.

Au lendemain du 12 juin, le front des condamnations se densifie face à Tshisekedi
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 14 JUIN 2026 - 15:05 WAT · 4 min de lecture

KINSHASA — La séquence ouverte par la répression du sit in de la Coalition pour la défense de l’article 64 vendredi 12 juin a déclenché en vingt quatre heures un alignement inédit de réactions politiques et internationales contre Félix Tshisekedi. La liste des intervenants brouille les lignes habituelles. Elle inclut un opposant à la présidentielle de 2023, un ancien dauphin déçu de l’UDPS, le parti de Joseph Kabila et Human Rights Watch.

Katumbi engage Tshisekedi personnellement

Le premier à publier samedi est Moïse Katumbi. Le président d’Ensemble pour la République a engagé Tshisekedi personnellement dans un message publié sur son compte X dans la soirée du 12. « Le président porte une responsabilité écrasante dans ces violences et dans le climat de tension qu’il entretient dans notre pays. Ce soir, Félix Tshisekedi a du sang sur les mains. » La phrase est l’attaque la plus directe formulée par Katumbi depuis l’élection. Dans la même publication, l’ancien gouverneur du Katanga décrit une attaque coordonnée par « la milice de l’UDPS, la Force du progrès, sous le regard complice des forces de l’ordre ».

Kabund parle d’une violence mixte chorégraphiée

Jean-Marc Kabund a précisé son texte au cours d’un Space animé vendredi soir par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. L’ancien secrétaire général de l’UDPS, devenu opposant frontal à Tshisekedi, décrit une chorégraphie. « La police encadre la Force du progrès. La police vient en renfort. » L’opposant détaille un scénario où les gaz lacrymogènes et les balles tirées par la police affaiblissent les manifestants de la C64, ouvrant le passage aux militants pro pouvoir pour saccager les sièges. « C’est la particularité de la violence sous Tshisekedi : c’est une violence mixte. Vous avez la violence étatique et la violence organisée par une milice entretenue par le pouvoir. » Kabund a aussi accusé samedi le chef de l’État d’être « déterminé à balkaniser ce pays ».

Le PPRD de Kabila s’aligne sur la lecture de l’opposition

La position du PPRD de Joseph Kabila s’inscrit dans le même schéma de lecture. Le parti, qui n’avait pas mobilisé pour le sit in, a publié samedi un communiqué dénonçant un « usage disproportionné de la force publique » et nommant explicitement les Forces du progrès comme co auteurs des violences. Le texte demande l’ouverture d’enquêtes parlementaires. C’est la première fois depuis le ralliement partiel du PPRD à la coalition d’opposition que l’ex parti présidentiel parle d’une seule voix avec Katumbi sur un dossier de sécurité publique.

Human Rights Watch demande une enquête impartiale

À Genève, Human Rights Watch a publié dans la matinée du 13 un communiqué appelant les autorités congolaises à diligenter une enquête impartiale et indépendante sur les violences. L’organisation rappelle la jurisprudence du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur la proportionnalité du recours à la force dans les manifestations et qualifie d’inquiétant le bilan publié à ce stade par le gouvernement provincial.

Ados Ndombasi raconte le talon éclaté

La voix la plus exposée parmi les blessés est celle d’Ados Ndombasi. L’ancien député national, soigné au Kinshasa Medical Center, a témoigné samedi sur sa convalescence. « C’est l’impact d’une grenade lacrymogène sur mon pied droit. Il a éclaté le talon. » Le médecin lui a posé une attelle pour deux mois. Le récit, livré à actualite.cd, met en circulation la première description médicalement étayée d’une blessure subie au cours de la séquence.

L’exécutif provincial maintient son chiffrage

Face à cette accumulation, l’exécutif provincial de Kinshasa, dirigé par Daniel Bumba, a maintenu samedi son chiffrage. Vingt blessés, aucun mort, vérifications en cours. La vice ministre de l’Intérieur Tshiela Kamba avait évoqué la veille une mise en scène orchestrée par l’opposition avec du sang d’animaux. Les deux versions cohabitent désormais sans qu’aucune autorité ait communiqué sur un calendrier d’enquête.

Le front qui se dessine n’est pas idéologiquement homogène. Il rassemble pour l’instant ceux qui voient dans la séquence du 12 juin un test grandeur réelle de la trajectoire politique de Félix Tshisekedi à dix huit mois des élections de 2028.

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B
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