Accord RDC-Rwanda : Washington prévoit de contraindre Kigali à faire plier le M23
Les rebelles du M23 à Goma, en République démocratique du Congo, en avril 2025. ©️ARLETTE BASHIZI/REUTERS
AFP
Les États-Unis s’apprêtent à sceller un accord de cessez-le-feu entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, un texte qui, selon les diplomates américains, obligera Kigali à faire pression sur le M23 pour qu’il se retire des territoires congolais occupés.
D’après The Globe and Mail, Washington mise sur cet engagement rwandais pour stopper l’avancée de la rébellion, qui contrôle plusieurs villes stratégiques de l’Est congolais malgré les multiples cessez-le-feu annoncés depuis des mois. Pour l’administration Trump, cet accord, signé ce vendredi par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, est présenté comme un exploit diplomatique majeur, offrant au président américain l’image d’un « artisan de paix » sur la scène africaine.
Mais derrière les discours triomphalistes, la réalité est plus nuancée. Les diplomates américains eux-mêmes reconnaissent que la clé de cet accord réside dans la capacité du Rwanda à exercer une pression décisive sur le M23. « Les premiers résumés de l’accord parlaient vaguement d’intégrité territoriale, mais en coulisse, les États-Unis comprennent clairement qu’il vise à forcer Kigali à obtenir le retrait du M23 des zones occupées », analyse Stephanie Wolters, de l’Institut sud-africain des affaires internationales, citée par The Globe and Mail.
La signature de cet accord intervient alors que le M23 poursuit ses combats contre l’armée congolaise au mépris des précédents cessez-le-feu. Les experts s’interrogent sur l’absence de cette rébellion à la table des négociations. Washington mise sur l’influence du Rwanda, accusé par l’ONU et Kinshasa d’armer et d’appuyer militairement le M23, bien que Kigali continue de nier toute implication directe.
Pour beaucoup, cet accord aux contours encore flous reste fragile. « Il doit s’infiltrer dans un réel changement sur le terrain pour être considéré comme un succès », prévient Stephanie Wolters, soulignant que la stratégie américaine, mêlant incitations économiques et menaces de sanctions, pourrait rapidement s’essouffler si elle n’est pas accompagnée d’un suivi diplomatique solide.
En attendant la grande cérémonie que Donald Trump rêve déjà d’organiser à la Maison-Blanche, l’Est du Congo retient son souffle, entre espoir d’un désengagement rebelle et scepticisme sur la capacité du Rwanda à sacrifier son levier militaire régional.
Odon Bakumba
Kasindi : 65 Congolais expulsés d’Ouganda accueillis, le bourgmestre plaide pour le vivre-ensemble
À Houston, Tshisekedi reçoit une offre de partenariat minier de Dynamic Aviation