Ebola en RDC : 837 cas confirmés, 196 décès et une riposte jugée encore sous-dotée par l’OMS, un mois après
Un mois après, l'épidémie d'Ebola en RDC compte 837 cas confirmés et 196 décès (bilan du 16 juin). La riposte s'est renforcée mais l'OMS la situe « au niveau 3 ou 4 sur 10 », et les infirmiers d'Ituri dénoncent leurs conditions de travail.
FILE PHOTO: Red Cross workers wearing personal protective equipment (PPE) prepare to lower the coffin of Dr Tibenderana Katho Blaise who worked at the Centre Medical Evangelique (CME) in Hoho commune and died of Ebola virus, as aid agencies intensify efforts to contain a new Ebola outbreak caused by the Bundibugyo virus, at the Nyamurongo cemetery in Bunia town, Ituri province, Democratic Republic of Congo, May 26, 2026. REUTERS/Gradel Muyisa Mumbere TPX IMAGES OF THE DAY/File Photo
AFP
Un mois après la déclaration de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo dans l’est de la République démocratique du Congo, le dernier bilan officiel reste lourd. Arrêté au 16 juin par le ministère de la Santé, il fait état de 837 cas confirmés et 196 décès, soit une létalité provisoire de 23,4 %. L’Ituri concentre 91,6 % des cas, tandis que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu complètent la carte de l’épidémie. Au 18 juin à la mi-journée, heure de Kinshasa, aucun rapport plus récent n’avait été publié.
Sur le terrain, la riposte s’est étoffée. Quelque 400 lits sont disponibles et quatre laboratoires fonctionnent, dont deux capables d’analyser près de 1 000 échantillons par jour. L’Organisation mondiale de la santé décrit un dispositif articulé autour de onze piliers, de la surveillance communautaire à la prise en charge psychosociale et nutritionnelle des patients, de leurs familles et de leurs contacts.
Cette montée en puissance reste insuffisante. « Dans l’objectif que doit être cette riposte, sur une échelle de 0 à 10, je pourrais dire que nous sommes au niveau 3 ou 4 », a estimé la docteure Rose Belizaire, directrice régionale par intérim des urgences de l’OMS pour l’Afrique, dans un entretien accordé à ONU Info. Elle pointe un manque de ressources humaines et de logistique, au moment où l’épidémie progresse vite.
La maladie est due au virus Bundibugyo, une souche sans vaccin homologué ni traitement spécifique. Le vaccin Ervebo, déployé lors des précédentes épidémies dans l’est congolais, ne protège que contre la souche Zaïre. La prise en charge demeure symptomatique. L’OMS relève aussi un déplacement du profil des malades : les femmes forment désormais la catégorie la plus touchée et les cas chez les enfants augmentent.
Les soignants paient un lourd tribut. L’antenne de l’Ordre national des infirmiers du Congo en Ituri a dénoncé, le 15 juin, des recrutements sans qualifications vérifiées et des agressions contre les prestataires. « À la date du 13 juin 2026, 23 prestataires de santé, dont des infirmiers et des médecins, sont officiellement décédés dans l’exercice de leurs fonctions », a déclaré son vice-président provincial, Timothée Kosianza. Une équipe de riposte avait été attaquée à Rwampara au début du mois. Au Nord-Kivu, selon les autorités sanitaires provinciales, une femme et son enfant testé positif ont été emmenés par des hommes armés le 15 juin.
La crise a pris une tournure régionale. Réuni en sommet virtuel le 16 juin, le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a appelé à une riposte coordonnée sous le pilotage d’Africa CDC. La RDC et l’Ouganda ont convenu de déployer des équipes conjointes le long de la frontière d’Aru et d’Arua et d’y cogérer un centre de traitement. L’Ouganda compte 19 cas confirmés et deux décès, tous liés à des voyageurs venus de RDC. L’OMS déconseille pour l’heure toute restriction des voyages ou des échanges commerciaux avec les deux pays.
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