Agression rwandaise : l’ONU accuse le M23 d’avoir tué au moins 169 agriculteurs congolais à Rutshuru
Des rebelles du M23 se préparent à partir après une cérémonie de retrait de leurs positions qui s'est tenue à Kibumba le 23 décembre 2022, à l'est de la RDC. - (AP Photo/Moses Sawasawa)
AFP
Une attaque attribuée au mouvement rebelle du M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) a causé la mort d’au moins 169 civils, principalement des agriculteurs, selon un rapport confidentiel du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) consulté par Reuters.
Selon les informations relayées par Reuters, les faits se seraient déroulés à partir du 9 juillet dans le territoire de Rutshuru, en province du Nord-Kivu, lors d’une opération visant des membres présumés des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé rwandais hostile à Kigali, implanté en RDC.
Les civils ciblés, selon le BCNUDH, étaient « principalement des agriculteurs temporairement installés dans leurs champs pour la saison des labours » et se trouvaient « loin de tout soutien ou protection immédiate ».
Le rapport indique que des combattants du M23 auraient utilisé des armes à feu et des machettes pour tuer leurs victimes, évoquant des « informations crédibles émanant de plusieurs sources indépendantes ». Reuters, qui a eu accès aux conclusions, précise ne pas avoir pu confirmer de manière indépendante les tueries.
Contacté par Reuters, le chef politique du M23, Bertrand Bisimwa, a rejeté les conclusions du BCNUDH, dénonçant une « campagne de diffamation ».
« Nous avons été informés par courrier de ces allégations. Une commission d’enquête sera mise en place pour vérifier les faits », a-t-il déclaré, tout en appelant à la prudence
Bisimwa a également mis en cause l’impartialité du BCNUDH, suggérant que certains employés congolais de l’organisme pourraient œuvrer à « salir l’image » du mouvement.
« Avant d’imposer des sanctions, il faut d’abord établir les faits. La précipitation à publier des informations non vérifiées relève de la propagande. », a-t-il déclaré.
Ce massacre présumé intervient alors que les tensions restent vives dans l’est de la RDC, où le M23 –soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports de l’ONU continue de gagner du terrain malgré les appels à la désescalade.
À l’entre temps, le groupe rebelle AFC/M23 et le gouvernement congolais se sont engagés, début juillet, à œuvrer pour la paix d’ici le 18 août, dans le cadre d’un accord facilité par les États-Unis, qui espèrent débloquer des investissements miniers stratégiques dans la région.
Silas MUNGINDA
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