Santé Anatomie de la 17e épidémie d’Ebola : plus rapide, plus meurtrière, sans vaccin
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Anatomie de la 17e épidémie d’Ebola : plus rapide, plus meurtrière, sans vaccin

Souche Bundibugyo sans vaccin, 600 morts en deux mois, extension jusqu'à la Tshopo : anatomie chiffrée de la 17e épidémie d'Ebola et comparaison avec la flambée du Kivu de 2018-2020.

Anatomie de la 17e épidémie d’Ebola : plus rapide, plus meurtrière, sans vaccin
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 12 JUILLET 2026 - 23:55 WAT · 2 min de lecture

En moins de deux mois, la 17e épidémie d’Ebola déclarée en RDC a franchi un seuil qu’aucune n’avait atteint aussi vite. Déclarée le 15 mai 2026 en Ituri, elle avait déjà fait, au 7 juillet, 600 décès pour 1 759 cas confirmés, soit une létalité de 34,1 %. Retour sur une flambée qui se propage, selon les experts, « plus rapidement que toutes les précédentes ».

La montée a été brutale. À la mi-mai, l’épidémie franchissait la barre des 80 morts. Début juillet, elle dépassait les 400, puis les 600 en quelques jours. Ce rythme distingue l’épisode de la plupart des précédents, où la contamination progressait plus lentement.

En cause, un virus rare et sans parade. Cette épidémie est due à la souche Bundibugyo, un virus « pour lequel il n’existe ni vaccin, ni traitement », rappellent les autorités sanitaires, à la différence des flambées récentes de la souche Zaïre, contre lesquelles des vaccins avaient pu être déployés. L’arme principale reste donc l’isolement des cas et le suivi des contacts.

La géographie inquiète. Partie de l’Ituri, épicentre du foyer, l’épidémie a gagné le Nord-Kivu, puis franchi une étape en atteignant Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, où deux cas ont été confirmés, avant de toucher le Haut-Uele. C’est ce glissement vers l’ouest, le long des axes et du fleuve, qui a poussé les autorités à placer Kinshasa en état d’alerte préventive.

Le précédent le plus lourd reste dans les mémoires. Entre 2018 et 2020, l’épidémie du Kivu, la plus meurtrière de l’histoire du pays, avait fait environ 2 280 morts pour près de 3 500 cas, sur près de deux ans. La flambée actuelle, plus courte, tue déjà à un rythme préoccupant. Sur un demi-siècle, les épidémies d’Ebola ont affiché une létalité comprise entre 25 et 90 % selon les foyers.

L’avenir dépendra des moyens. Le Programme des Nations unies pour le développement redoute, dans un scénario pessimiste, jusqu’à 10 000 cas et 2 000 décès d’ici la fin de l’année. Or la riposte manque d’argent, avec un déficit de 20 millions de dollars, et de bras, avec la grève des prestataires en Ituri. Contre un virus sans vaccin, la vitesse de la réponse reste la seule variable que l’État maîtrise encore.

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B
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