Société RDC : sans certification, un diplôme congolais ne se lit pas à l’étranger

RDC : sans certification, un diplôme congolais ne se lit pas à l’étranger

Le Conseil des ministres du 14 août annonce un comité de pilotage transversal à cinq ministères pour la certification professionnelle, chaînon entre la formation et l'emploi en RDC.

Le bâtiment du rectorat de l'Université de Kinshasa, sur le campus de Lemba

RDC : sans certification, un diplôme congolais ne se lit pas à l’étranger
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 17 AOÛT 2026 - 13:35 WAT · 4 min de lecture

Le ministre de l’Emploi et Travail a rendu compte au Conseil des ministres du 14 août de la quatrième session de l’assemblée plénière de la Commission nationale de certification professionnelle. Le compte rendu situe cette session « du 19 au 21 mai 2016 à Kinshasa ».

La date pose une question que le document ne tranche pas. Un rapport présenté au Conseil des ministres en août 2026 sur une plénière tenue en mai 2016 signifierait dix ans d’écart entre les travaux et leur restitution devant le gouvernement. La lecture la plus économique est celle d’une coquille sur l’année, la session s’étant tenue en mai 2026. Le compte rendu ne permet pas de choisir, et la différence n’est pas secondaire : elle change la nature du dossier, entre un rapport frais et une reprise d’un chantier interrompu.

Le contenu, lui, est net. L’assemblée plénière a adopté « une série de résolutions pertinentes », et le ministre souhaite la mise en place d’un comité de pilotage, « dans l’optique de l’actualisation du cadre institutionnel de la CNCP ».

Six ministères pour une même chaîne

Ce comité est décrit comme « un organe transversal qui prendra en compte tous les Ministères concernés ». Le compte rendu les énumère : l’Emploi et le Travail, la Formation professionnelle, les Affaires sociales, l’Enseignement supérieur et universitaire, l’Éducation nationale. L’objectif est de « garantir la synergie d’action entre tous les acteurs de l’écosystème de la formation professionnelle en République Démocratique du Congo ». Le ministre d’État à la Formation professionnelle a complété la présentation. Le Conseil a pris acte.

Ces cinq ministères couvrent la chaîne qui relie l’école au marché du travail. La certification atteste qu’une compétence acquise, sur les bancs ou sur le tas, vaut quelque chose devant un employeur : sans elle, un mécanicien formé en atelier ou une couturière n’ont aucun titre opposable, et un diplôme congolais n’est pas lu à l’étranger.

Le rapprochement avec les autres dossiers du 14 août est direct. Le même Conseil a reçu un recensement industriel qui identifie 1 226 unités, contre 525 en 2017, et une communication présidentielle qui veut faire des hydrocarbures « un véritable levier d’industrialisation, de création d’emplois ». Une industrie qui embauche a besoin d’un système qui certifie les compétences qu’elle recrute.

Quatre pièces manquent au dossier, en plus de la date exacte de la plénière : le texte des résolutions adoptées, le nom de qui présidera le comité de pilotage, son délai d’installation, et les comptes rendus des trois sessions plénières antérieures de la commission. Toutes sont à réclamer au ministère de l’Emploi et Travail.

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B
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