Angola: la démocratie attendra
Pour la première fois depuis trente-huit-ans, Eduardo Dos Santos ne sera plus Président à l'issue d'un vote. Certes en route vers la démocratisation, les angolais devraient néanmoins patienter pour élire "réellement" un dirigeant de leur choix.
Angola: la démocratie attendra
AFP
Une première en Angola et en Afrique centrale, bastion de la dictature dans le continent noir. Luanda entame la marche vers la démocratisation. Ou plutôt la concrétise. Ce mercredi 23 août, des élections générales (législatives et présidentielle) font appelle à plus de 9,5 millions d’électeurs des 18 circonscriptions pour élire les 223 députés qui composent l’Assemblée nationale. Selon les règles en vigueur, le parti vainqueur nommera ensuite le chef de l’État.
Pour une fois, le parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), ne présente pas Eduardo Dos Santos comme candidat à la présidence. C’est le ministre de la Défense, João Lourenço qui est chargé de succéder au président sortant, qui aurait certes pu légalement se présenter.
L’Angola marque ainsi un nouveau virage vers la démocratisation. Néanmoins, à regarder de plus près, nous n’y sommes pas encore, d’autant plus qu’en acceptant de se retirer, Eduardo Dos Santos n’est pour autant pas loin du pouvoir.
A la Poutine et Medvedev

De plus, le président angolais et ses proches gardent la main mise dans le secteur privé très lucratif. Ses enfants, dont Isabelle Dos Santos, mariée au Congolais Sindika Dokolo, trônent sur plusieurs sociétés privées et même le fond souverain du pays.
Par ailleurs, le scrutin qui se tient aujourd’hui est loin d’être démocratique. L’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), parti issu de l’histoire guérilla de Jonas Malheiro Savimbi, s’est déjà plainte des irrégularités durant la campagne électorale.
L’opposition intimidée
Isaias Samakuva, président de l’Unita, qui se présente pour la troisième et dernière fois, n’avait recueilli qu’un peu plus de 18% des voix en 2012. La semaine dernière, Samakuva a insisté sur le secret du vote, l’anonymat que confère l’isoloir, et a appelé les électeurs à ne pas se laisser intimider par le MPLA et ses discours.
Samakuva a également dénoncé la tenue d’un meeting en parallèle du parti au pouvoir pour créer des troubles, et le fait que la TPA, la chaîne nationale, montre toujours des images biaisées de leur meeting. Malgré cela, dit-il à la RFI, ils restent persuadés de pouvoir battre le MLPA, le rival historique, malgré surtout l’inévitable fraude.
Autant dire que ces troisièmes élections depuis la fin de la guerre civile (1975-2002), certes historiques, ne marquent pourtant pas l’arrivée d’un nouveau régime.
En savoir plus sur BETO
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
L’Église catholique face à la crise sécuritaire, entre partialité et perte de crédibilité (Billet d’Azarias Mokonzi)
SADC : La Secrétaire exécutive adjointe dément que Tshisekedi ait été privé de parole

Ainsi va la « demon » crachat (Democratie) a l’Africaine! Le demon continue a cracher sur l’Afrique.
Pourquoi ne pas puiser dans le passe; sous le manguier?
Les commentaires sont fermés.