Assainissement de Kinshasa : la Task force du Service national entre en action
Entre 4 000 et 5 000 « bâtisseurs » du Service national, d’anciens kuluna rééduqués, sont déployés sur les 24 communes de Kinshasa pour une campagne d’assainissement de 90 jours, sous l’autorité du chef de l’État.
Assainissement de Kinshasa : la Task force du Service national entre en action
AFP
Annoncée le 18 juin par une vidéo du commandant du Service national, l’opération a commencé à prendre forme ce week-end dans les rues de Kinshasa. Entre 4 000 et 5 000 « bâtisseurs de la nation », d’anciens jeunes délinquants rééduqués, doivent être déployés sur les 24 communes de la capitale pour une vaste campagne d’assainissement, avec un objectif fixé à 90 jours.
L’opération est pilotée par une Task force chargée de la salubrité et de l’assainissement de Kinshasa, lancée le 8 juin par Félix Tshisekedi et « placée sous l’autorité directe du chef de l’État ». Sa coordination a été confiée au lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. « Le président de la République nous a donné des instructions pour rendre la capitale salubre », a déclaré l’officier à l’issue de la réunion de cadrage, tenue à la Cité de l’Union africaine en présence du gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, de la Première ministre et de plusieurs ministres (compte rendu de la présidence).
Les troupes mobilisées sont celles du Service national, structure paramilitaire créée en 1997 et relancée depuis 2018, qui forme à Kaniama-Kasese d’anciens « kuluna », ces délinquants urbains armés de machettes. « Les jeunes qui étaient entrés dans les centres comme des délinquants ont parachevé leur formation. Ils sont devenus des bâtisseurs de la nation. Ce sont ces unités qui vont composer la task force attendue dans la ville de Kinshasa », a expliqué le lieutenant-général Kasongo Kabwik (Mediacongo).
Sur le terrain, les bâtisseurs doivent curer les caniveaux, évacuer les immondices, retirer les épaves, démanteler les garages pirates et les constructions anarchiques érigées sur l’espace public. « Nous allons nous occuper de l’assainissement de la ville et mettre fin à l’incivisme environnemental », a résumé l’un d’eux au micro de Radio Okapi. Le gouverneur Daniel Bumba a, lui, appelé à la patience : « Nous sommes au point zéro. Il ne faut pas demander que la ville soit transformée dès le premier jour. »
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L’enjeu est à la mesure du désordre. Kinshasa, mégapole de plus de 17 millions d’habitants, produit autour de 8 400 tonnes de déchets par jour, dont à peine un quart est collecté, selon ONU-Habitat. Les ordures qui bouchent caniveaux et rivières aggravent des inondations meurtrières, comme celles d’avril 2025 qui ont fait 33 morts. C’est ce cercle vicieux que l’opération entend briser.
Reste l’épreuve de la durée. Les opérations d’assainissement se sont succédé à Kinshasa depuis vingt ans, de Kin-Propre à Kin Bopeto, sans enrayer le mal. Cette fois, le pouvoir mise sur la discipline militaire et des moyens humains inédits. Les prochains mois diront si la capitale retrouve, au-delà de l’effet d’annonce, un peu de son éclat.
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