Ebola : 7 614 cas et 3 676 décès en RDC au 18 septembre
Le dernier rapport de situation du Centre d’opérations d’urgence de santé publique arrête le bilan de la 17e épidémie de maladie à virus Ebola à 7 614 cas confirmés et 3 676 décès, pour une létalité de 48,3 %. Une 63e zone de santé, Dungu, est entrée dans le décompte, à la frontière du Soudan du Sud.
Ebola : 7 614 cas et 3 676 décès en RDC au 18 septembre
AFP
Au 18 septembre 2026, la République démocratique du Congo totalise 7 614 cas confirmés de maladie à virus Ebola, dont 3 676 décès, soit une létalité de 48,3 %. Ces chiffres sont ceux du rapport de situation n°127 du Centre d’opérations d’urgence de santé publique (COUSP), mis en ligne le 19 septembre au soir. Aucun bulletin portant sur les journées des 19 et 20 septembre n’était disponible à la mi-journée du 21.
Sur la journée du 18 septembre, 73 nouveaux cas confirmés ont été notifiés : 46 en Ituri, 18 au Nord-Kivu, 6 au Haut-Uélé et 3 à la Tshopo. Le bulletin dénombre le même jour 25 décès communautaires et 12 décès survenus en centre de traitement, soit 37 morts en vingt-quatre heures. Quarante et un patients ont été déclarés guéris, portant le cumul des guérisons à 1 864. Neuf cent neuf personnes sont en isolement, et le suivi des contacts du jour s’établit à 87,8 %.
Dungu, 63e zone de santé, à la frontière du Soudan du Sud
Le bulletin signale l’entrée d’une nouvelle zone de santé dans l’épidémie, Dungu, dans le Haut-Uélé. « Cette zone étant frontalière du Soudan du Sud, un renforcement de la surveillance transfrontalière est nécessaire », écrit le COUSP. L’épidémie touche désormais 63 zones de santé sur 167, dans sept provinces.
L’Ituri reste le foyer principal avec 5 875 cas et 2 688 décès, pour 28 zones de santé atteintes sur 36. Le Nord-Kivu compte 1 388 cas et 843 décès, avec une létalité de 60,7 %, très au-dessus des 45,8 % relevés en Ituri. Suivent le Haut-Uélé (302 cas), la Tshopo (38), le Bas-Uélé (7), le Sud-Kivu (3) et le Sud-Ubangi (1).
Pour Médecins sans frontières, qui s’est exprimée trois jours plus tôt, ce glissement vers de nouvelles zones est le fait marquant de la période. « Considérer que l’épidémie est sous contrôle parce que certains Centres de traitement Ebola (CTE) reçoivent moins de patients serait une erreur », déclarait le 18 septembre Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de l’organisation à Bunia. « En Ituri, qui était l’épicentre initial de l’épidémie, la situation semble effectivement ralentir pour le moment. Mais à l’échelle nationale, le nombre de nouveaux cas n’a pas diminué. L’épidémie ne recule pas, elle se déplace. » L’organisation estime le bilan réel supérieur au bilan officiel, en raison des lacunes de la surveillance et de la détection.
Une vaccination lancée comme une étude, pas comme une protection
La vaccination des agents de première ligne a été lancée le samedi 19 septembre à Bunia par le gouverneur de l’Ituri, le général Gaby Kasongo, qui a reçu sa propre dose. Elle ne concerne que les zones de santé de Bunia et de Mongwalu, et relève d’une étude destinée à mesurer ce que l’Ervebo peut offrir contre la souche Bundibugyo, à l’origine de cette épidémie.
« Aujourd’hui, nous le savons, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique disponible contre la maladie à virus Bundibugyo », rappelle la coordonnatrice médicale de MSF, la docteure Nana Mumbu. « Cependant, le vaccin Ervebo, que nous connaissons bien pour son expérience opérationnelle dans la lutte contre la maladie à virus Ebola Zaïre, pourrait offrir un certain niveau de protection croisée contre le virus Bundibugyo. Mais nous devons être très clairs sur ce point : l’efficacité d’Ervebo contre la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, reste aujourd’hui incertaine et doit encore être démontrée. »
Le gouverneur justifie l’ordre de priorité : « La priorité accordée aux agents de santé et autres agents de première ligne se justifie par leur niveau particulier d’exposition dans l’accomplissement de leur mission quotidienne. Protéger les agents de première ligne, c’est protéger ceux qui surveillent la maladie, prennent en charge les patients, investiguent les alertes et travaillent dans le laboratoire. »
Ailleurs, l’adhésion reste faible. À la Tshopo, la couverture de la cible plafonne à 28,8 %, et descend à 10 % à Lubunga. Le COUSP y signale un risque de péremption de 631 doses décongelées à la date du 24 septembre. Au Bas-Uélé, six zones de santé prioritaires n’ont toujours pas de microplan de vaccination. Le gouvernement avait pourtant déclaré l’épidémie « sous contrôle » au début du mois, et il faudra quarante-deux jours sans nouveau cas pour en annoncer la fin.
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