L’Assemblée nationale demande à la SADC de retirer à Joseph Kabila son statut d’ancien chef d’État
Devant le Comité exécutif du Forum parlementaire de la SADC, clos le 25 octobre à Johannesburg, le premier vice-président de l’Assemblée nationale Isaac Jean-Claude Tshilumbayi a demandé aux États membres de ne plus accorder à Joseph Kabila les égards dûs à un ancien président, en raison de sa direction du Front pour la refondation de la nation.
L’Assemblée nationale demande à la SADC de retirer à Joseph Kabila son statut d’ancien chef d’État
AFP
L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo demande aux États de l’Afrique australe de cesser d’accorder à Joseph Kabila le statut d’honneur attaché à sa qualité d’ancien chef de l’État. La demande a été portée par son premier vice-président, le professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, devant le Comité exécutif du Forum parlementaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe, réuni deux jours à Johannesburg et clos le dimanche 25 octobre 2026.
Isaac Tshilumbayi y représentait le président de la chambre basse, Boji Sangara. La délégation congolaise comprenait les députés nationaux Enock Batsotsi Nyamwisi et Rebecca Kabika, ainsi que des experts du secrétariat administratif du Forum.
Une motion accordée à la RDC

C’est dans le cadre d’une motion accordée à la RDC que le premier vice-président a interpellé le Comité exécutif sur la situation sécuritaire à l’Est. Il a mis en cause la participation de l’ancien président à la direction du Front pour la refondation de la nation, qu’il qualifie de coalition rebelle.
« Il a pris la tête de ce mouvement criminel connu pour ses pratiques d’assassinats, de déportations, de viols et de violences sur les femmes et les mineurs. Nous invitons tous les membres à prendre acte de cette réalité et à ne plus jamais offrir la même considération à cet ancien chef d’État devenu chef de guerre », a déclaré Isaac Tshilumbayi.
La chambre basse demande en outre des actions communes des États membres pour accompagner les efforts de pacification et condamner les manœuvres militaires de cette coalition contre les institutions.
Ce que recouvre le statut d’honneur
Les anciens chefs d’État bénéficient dans la région d’égards protocolaires et d’invitations aux rencontres officielles. C’est cette reconnaissance que Kinshasa demande de suspendre, et non une mesure judiciaire ou une sanction. La démarche est politique, adressée à des parlements plutôt qu’à des gouvernements, et le Forum ne dispose pas du pouvoir de l’imposer à ses membres.
Elle prolonge la ligne tenue par Kinshasa depuis le 12 octobre, date à laquelle Joseph Kabila a pris la tête du front à Goma. Le porte-parole du gouvernement avait sommé l’opposition de se prononcer, le chef de l’État a porté contre son prédécesseur sa charge la plus directe, et le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga a parlé de « trahison à la Nation ».
Les faits reprochés au mouvement armé par le premier vice-président recoupent ceux documentés par les organisations internationales. Devant le Conseil des ministres du 23 octobre, le gouvernement décrivait un « RDF/AFC/M23 relooké » dans les trois provinces de l’Est.
La RDC pousse la mutation du Forum en Parlement régional
Hors du dossier sécuritaire, Isaac Tshilumbayi a exprimé l’engagement de la RDC dans la transformation du Forum parlementaire en Parlement régional de la SADC, doté de compétences législatives. La RDC a déjà ratifié le protocole relatif à cette évolution, les autres États poursuivant leurs propres démarches.
Rédaction
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