Politique Au CDH, Suminwa exige des sanctions «dissuasives» contre le Rwanda pour exécutions sommaires en RDC
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Au CDH, Suminwa exige des sanctions «dissuasives» contre le Rwanda pour exécutions sommaires en RDC

Au CDH, Suminwa exige des sanctions «dissuasives» contre le Rwanda pour exécutions sommaires en RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 24 FÉVRIER 2025 - 14:35 WAT · 4 min de lecture

La Première ministre de la République Démocratique du Congo (RDC), Judith Suminwa Tuluka a exigé des sanctions dissuasives contre le Rwanda lors de la 58ème session du Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations Unies, dénonçant les exécutions sommaires perpétrées sur le sol congolais, ce lundi 24 janvier 2025.

Représentant, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, elle a conduit une délégation de haut rang à ce Segment de haut niveau, ouvert ce lundi en Suisse, pour porter la voix d’un pays confronté à une crise humanitaire et sécuritaire dans sa partie orientale, impliquant le Rwanda et le groupe rebelle M23, apprend-on de la primature.

Dans son discours, Judith Suminwa a salué la diligence avec laquelle le CDH a répondu aux appels de la RDC. Elle a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à soutenir la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, conformément à la résolution adoptée le 7 février dernier par les 47 États membres du Conseil, pour documenter les violations des droits humains et du droit international humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les violences se sont intensifiées.

La cheffe du gouvernement congolais a ensuite mis en avant une résolution récente du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a unanimement condamné le Rwanda pour son soutien au M23. Cette résolution exige le retrait immédiat des forces rwandaises du territoire congolais et la fin des hostilités menées par le M23, y compris dans les villes stratégiques de Goma et Bukavu. Elle ordonne également la dissolution des administrations parallèles instaurées par le groupe rebelle, une mesure jugée insuffisante par la cheffe du gouvernement congolais malgré son caractère inédit.

Revenant sur son appel central, Judith Suminwa a insisté sur la nécessité de sanctions contre le Rwanda. « Au regard des massacres et des exécutions sommaires qu’il continue de perpétrer sur notre sol, nous exigeons des mesures fortes pour restaurer l’ordre et la sécurité », a-t-elle déclaré. Elle a souligné l’urgence de protéger les millions de Congolais vivant sous la menace dans les zones occupées, arguant que la situation exige une réponse internationale à la hauteur des atrocités commises.

Suminwa a également évoqué le drame humanitaire qui accompagne cette crise. Elle a décrit une réalité tragique : femmes violées, enfants enrôlés de force, populations déplacées et orphelins livrés à eux-mêmes. Face à cette catastrophe, elle a appelé à un renforcement du soutien humanitaire international pour prendre en charge les milliers de blessés et de déplacés, un plaidoyer poignant qui a marqué les esprits au CDH.

Dès l’ouverture de la session, le Président du Conseil, Jürg Lauber, avait donné le ton en exhortant les États membres à passer des paroles aux actes. Il s’est interrogé sur l’efficacité des mesures prises jusqu’ici face à une crise persistante. De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé « un tourbillon de violations des droits humains » dans l’Est de la RDC, mettant en cause le Rwanda et le M23, et appelant à faire taire les armes.

Antonio Guterres a également exprimé ses inquiétudes quant à une possible régionalisation du conflit, un scénario qui pourrait embraser l’Afrique centrale. « La souveraineté de la RDC doit être respectée. Le peuple congolais mérite de vivre en paix », a-t-il affirmé, renforçant ainsi l’appel de Judith Suminwa.

Pierre Kabakila

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