Justice Un soldat de la 24e brigade de réaction rapide visé par un avis de recherche de la Maison militaire
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Un soldat de la 24e brigade de réaction rapide visé par un avis de recherche de la Maison militaire

Un avis daté du 23 octobre 2026, attribué à la Maison militaire du chef de l’État, recherche un soldat de deuxième classe des FARDC présenté comme en fuite, pour des « faits présumés d’activités criminelles portant atteinte à l’intégrité du territoire national ». Aucune qualification juridique, aucune autorité judiciaire et aucune décision de justice n’y figurent.

Un soldat de la 24e brigade de réaction rapide visé par un avis de recherche de la Maison militaire
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 30 OCTOBRE 2026 - 13:06 WAT · 4 min de lecture

La Maison militaire du chef de l’État a diffusé un avis de recherche contre un soldat de deuxième classe des Forces armées de la République démocratique du Congo, présenté comme en fuite. L’avis, daté du 23 octobre 2026, est adressé « à l’attention de la population congolaise ».

Ce que dit l’avis

Le document identifie Nyembo Nyembo John, soldat de deuxième classe affecté à la 24e brigade de réaction rapide, et porte son numéro de matricule. Il est accompagné de deux photographies de l’intéressé en tenue de combat.

Selon le texte, « la Maison militaire du chef de l’État informe la population que l’intéressé, actuellement en fuite, fait l’objet d’un avis de recherche pour des faits présumés d’activités criminelles portant atteinte à l’intégrité du territoire national ». L’avis demande à « toute personne disposant d’informations permettant de le localiser ou de le reconnaître » d’alerter les services de sécurité ou les autorités compétentes.

Il assortit cette demande d’une mise en garde : « Ne tentez pas de procéder vous-même à son arrestation. Faites preuve de vigilance et collaborez avec les services habilités. » Le document se conclut par la formule « la sécurité nationale est l’affaire de tous ».

Ce que l’avis ne dit pas

Le document ne précise ni la date ni le lieu des faits reprochés. Il ne cite aucun article du code pénal militaire ni aucune qualification juridique précise, l’expression « activités criminelles portant atteinte à l’intégrité du territoire national » n’étant pas, en elle-même, une infraction nommée par la loi. Il ne mentionne pas non plus d’acte de procédure, mandat d’arrêt provisoire ou réquisition d’information, ni l’autorité judiciaire saisie du dossier.

À ce stade, aucune décision de justice n’est intervenue contre ce soldat. Les faits sont qualifiés de présumés par l’avis lui-même, et la présomption d’innocence lui reste entièrement acquise.

Qui poursuit un militaire en RDC

Les poursuites contre un membre des forces armées relèvent de la justice militaire. L’auditorat militaire instruit, et selon le grade de l’intéressé le dossier échoit à un tribunal militaire de garnison, à une cour militaire ou, pour les officiers généraux, à la Haute Cour militaire. Un soldat de deuxième classe relève du premier niveau de cette chaîne.

Les affaires d’atteinte à la sûreté de l’État visées ces derniers mois ont suivi cette voie. L’auditeur général des FARDC a requis la perpétuité contre le lieutenant-général Yav Irung pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel, et le procès du général d’armée Christian Tshiwewe s’est tenu devant la Haute Cour militaire. Dans les deux cas, l’acte déclenchant émanait de l’auditorat.

Un document que BETO n’a pas pu authentifier

L’avis circule sous forme d’image. BETO n’a pas obtenu de confirmation directe de la Maison militaire du chef de l’État et n’a trouvé trace de ce document sur aucun canal officiel. Les éléments rapportés ci-dessus sont donc ceux que porte le document lui-même, et rien de plus. Toute personne en mesure d’apporter une précision, à commencer par les services concernés, peut écrire à la rédaction.

Rédaction

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B
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