Santé Bateau suspect à Maluku : Kinshasa sous alerte Ebola, ce qu’il faut savoir pour ne pas paniquer
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Bateau suspect à Maluku : Kinshasa sous alerte Ebola, ce qu’il faut savoir pour ne pas paniquer

Bateau suspect à Maluku : Kinshasa sous alerte Ebola, ce qu’il faut savoir pour ne pas paniquer
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 6 AOÛT 2026 - 23:34 WAT · 6 min de lecture

Le 5 août, aux abords du port de Maluku, à l’extrémité est de Kinshasa, les équipes sanitaires ont arrêté un bateau venu de Kisangani avec environ 200 passagers à bord. L’alerte portait sur un décès suspecté d’être lié à la maladie à virus Ebola. Avant tout débarquement, un dispositif d’identification, de dépistage et de cantonnement a été monté, encadré par des éléments des forces de sécurité. Le directeur général de l’Institut national de santé publique, Dieudonné Mwamba, a appelé la population à garder son calme et à poursuivre normalement ses activités. Un laboratoire mobile a été installé pour tester l’ensemble des passagers, et les équipes de l’Institut national de recherche biomédicale ont été mobilisées sur le terrain. Le bateau est maintenu à environ 65 kilomètres de la capitale. Tous les passagers sont placés sous surveillance pendant 21 jours.

Le gouvernement n’a pas nommé la maladie. « Nous n’avons pas dit que c’était Ebola. Nous avons dit qu’il y a eu un cas suspect pour lequel nous sommes prudents », a déclaré le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, lors de la conférence de presse du 5 août. Le ministre a situé le décès : « Pimu est dans la province de la Mongala, et c’est là que l’incident s’est produit. » Il a ajouté qu’« il n’y a pas eu d’autres morts sur ce bateau ». Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a rappelé qu’« il ne faut pas oublier qu’il existe d’autres maladies pouvant présenter des symptômes similaires ». Selon Patrick Muyaya, aucun résultat de laboratoire n’était disponible au moment de la conférence de presse. Un second bateau, venu de l’Équateur, doit lui aussi faire l’objet d’une intervention sanitaire à son arrivée, pour un décès qui y aurait été suspecté d’être lié au choléra.

Les rapports quotidiens du Centre d’opérations d’urgence de santé publique portent, eux, une autre qualification. Celui arrêté au 3 août demande à la Tshopo la traçabilité d’« un décès MVE survenu sur un bateau parti de Kisangani entre le 19 et le 21 juillet ». Celui arrêté au 4 août indique que la liste des contacts de ce décès a été partagée, sans reprendre le sigle MVE. Le sigle MVE désigne la maladie à virus Ebola. Ces documents ne disent pas s’il s’agit de la même embarcation que celle retenue en aval.

Kinshasa ne figure pas parmi les cinq provinces touchées

La 17e épidémie de maladie à virus Ebola a été déclarée le 15 mai. Elle est due au Bundibugyo ebolavirus et touche 51 zones de santé sur 140, réparties dans cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Sud-Kivu. Kinshasa n’en fait pas partie. La Mongala, où le passager est mort, non plus. Au 4 août, le bilan cumulé s’établit à 3 973 cas confirmés, 1 801 décès et 776 guéris, pour une létalité de 45,3 %. L’Ituri concentre 87,1 % des cas.

Ce que le dispositif de Maluku teste, ce n’est donc pas une épidémie kinoise. C’est l’hypothèse d’un cas importé par le fleuve, sur l’axe qui relie Kisangani à la capitale. Le ministre situe Pimu à plus de 1 200 kilomètres de Kinshasa. Le système de surveillance de Kinshasa a lancé son alerte avant l’arrivée du bateau.

Il n’existe aucun vaccin approuvé contre le virus Bundibugyo

L’Organisation mondiale de la santé ne décrit qu’un seul mode de transmission entre humains, le contact direct. Le virus passe d’une personne à l’autre « par contact direct (à travers des éraflures ou les muqueuses) avec du sang ou des liquides biologiques d’une personne atteinte de la maladie d’Ebola ou décédée des suites de cette maladie ». Partager un taxi, un marché ou une rue avec quelqu’un ne suffit pas. L’OMS précise : « Les personnes infectées ne peuvent pas transmettre la maladie tant qu’elles n’ont pas développé de symptômes. » Un passager en bonne santé n’est pas contagieux.

La période d’incubation « varie de 2 à 21 jours », ce qui explique la durée des 21 jours de surveillance imposée aux passagers. Les premiers signes sont, selon l’OMS, « fièvre, fatigue, malaise, douleurs musculaires, céphalées et maux de gorge ». Le danger le plus documenté n’est pas la promiscuité ordinaire mais le contact avec les malades et avec les morts : « Les cérémonies d’inhumation qui supposent un contact direct avec le corps de la personne défunte peuvent aussi contribuer à la transmission du virus. » Pour la souche en cause dans cette épidémie, l’OMS écrit qu’« il n’existe aucun vaccin ou traitement approuvé pour les autres maladies d’Ebola, telles que la maladie à virus Soudan ou la maladie à virus Bundibugyo ». La riposte repose donc sur la détection, l’isolement et les soins de soutien, pas sur la vaccination. La létalité moyenne de la maladie tourne autour de 50 %.

Trois gestes en découlent. Devant une fièvre accompagnée de fatigue, de douleurs musculaires ou de maux de tête, appeler le 151, numéro vert gratuit de la riposte, plutôt que de se soigner seul. Ne pas toucher, laver ni veiller un corps sans l’équipe d’enterrements dignes et sécurisés. Et ne pas relayer un chiffre non vérifié : l’Institut national de santé publique demande de s’en tenir aux sources officielles, et la mise au point du 5 août portait déjà sur des rumeurs de morts multiples à bord, que le ministre a démenties.

Reste ce que personne ne peut encore dire : ce qui a tué le passager de Pimu. Les analyses sont en cours et la surveillance des quelque 200 passagers court jusqu’au 26 août.

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B
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