Walikale-Masisi : les FARDC accusent l’AFC/M23 de violer le cessez-le-feu
Le commandement militaire du Nord-Kivu accuse l’AFC/M23 de multiplier les attaques sur l’axe Walikale-Masisi, en violation des accords de Doha et de Washington. Le communiqué du 20 septembre décrit des villages incendiés, des cultures rasées et de nouvelles vagues de déplacement, sans donner de bilan.
Walikale-Masisi : les FARDC accusent l’AFC/M23 de violer le cessez-le-feu
AFP
Le commandement militaire du Nord-Kivu accuse l’AFC/M23 de multiplier les attaques sur l’axe Walikale-Masisi, en violation des accords de Doha et de Washington. Le communiqué, publié le dimanche 20 septembre, décrit des villages incendiés, des cultures rasées et de nouvelles vagues de déplacement vers Walikale. L’armée dit maintenir le cessez-le-feu et réaffirme son droit de riposte.
Ce que dit le communiqué
« Les Forces armées de la République démocratique du Congo tiennent à signaler que les éléments terroristes de l’AFC-M23 multiplient les attaques sur plusieurs fronts dans l’axe Walikale-Masisi en violation des accords de Doha et de Washington dont la République démocratique du Congo se déclare respectueuse », indique le texte signé du lieutenant Marc Elongo, porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu et commandant des opérations.
Le communiqué décrit ensuite les conséquences pour les civils : « Ces attaques provoquent des vagues supplémentaires des populations déjà très vulnérables en direction de Walikale. Des civils sont cibles, des villages entiers incendiés par les assaillants et des cultures rasées dans l’objectif criminel avéré d’affamer la population civile. »
Le texte engage le général-major Evariste Somo Kakule, gouverneur militaire du Nord-Kivu et commandant des opérations. Il annonce le maintien du cessez-le-feu jusqu’à nouvel ordre, tout en réaffirmant le droit de riposte de l’armée.
Ce que le communiqué ne dit pas
Aucun bilan humain n’est donné. Aucun chiffre de déplacés. Aucun village incendié n’est nommé, aucune date d’attaque n’est précisée. Le texte est la version de l’armée, et il n’a pas été recoupé sur le terrain. L’AFC/M23 n’a pas réagi publiquement, et le mécanisme de suivi du cessez-le-feu n’a rien publié.
L’axe Walikale-Masisi est un couloir déjà éprouvé. La coalition armée soutenue par le Rwanda contrôle Goma depuis janvier 2025 et Bukavu depuis février 2025, et les combats se sont poursuivis ces dernières semaines dans le territoire de Masisi.
Une agriculture qui paie déjà deux fois
À Kibirizi, dans la chefferie de Bwito en territoire de Rutshuru, les producteurs de café et de banane décrivent depuis le 20 septembre les effets d’un déficit de pluies observé de fin juillet à la mi-septembre. « Les grains de café se développent mal à cause du manque de pluie. Les quantités sont inférieures à ce que nous attendions », explique Kasereka Kapitula, producteur de café à Kibirizi.
Les caféiers dépérissent, en particulier les jeunes plants, les bananiers poussent moins vite et les récoltes baissent. À cette sécheresse s’ajoute, selon plusieurs sources de la région, la destruction de plusieurs hectares de champs lors d’opérations de dégagement de champs de tir menées par l’AFC/M23. Aucune surface détruite n’est chiffrée, et aucune évaluation agricole institutionnelle n’a été publiée.
Le café et la banane sont les deux sources de revenus des ménages de la chefferie. Les producteurs redoutent des pertes sur la saison suivante et un recul de la scolarisation des enfants. C’est la même économie de guerre que celle que le prix du bétail a déjà révélée à Sake.