Politique Belgique : Wondo dénonce sa détention en RDC «inhumaine» devant le Parlement européen
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Belgique : Wondo dénonce sa détention en RDC «inhumaine» devant le Parlement européen

L'expert belgo-congolais Jean-Jacques Wondo mercredi 25 juin 2025 devant les eurodéputés réunis à Bruxelles.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 26 JUIN 2025 - 07:54 WAT · 3 min de lecture

Quatre mois après sa libération, l’expert belgo-congolais Jean-Jacques Wondo a livré, mercredi 25 juin 2025, un témoignage poignant devant les eurodéputés réunis à Bruxelles. Il y a dénoncé les conditions « inhumaines » de sa détention en République démocratique du Congo (RDC) ainsi que les dérives d’un système judiciaire qu’il qualifie d’« instrumentalisé à des fins politiques ».

Condamné à mort en septembre 2024 pour sa supposée implication dans une tentative de coup d’État, Wondo avait été détenu pendant plus de huit mois avant d’être libéré en février 2025. Sa remise en liberté est intervenue à la suite d’une large mobilisation politique, diplomatique et citoyenne, notamment en Belgique. Le Parlement européen avait adopté, le 23 janvier, une résolution exigeant sa libération immédiate et son retour en Europe.

Face aux eurodéputés, Jean-Jacques Wondo n’a pas mâché ses mots. Il a décrit sa détention dans ce qu’il a appelé des « geôles militaires totalitaires », affirmant y avoir subi de nombreuses privations : de liberté, de dignité, de soins médicaux et de tout contact extérieur. Citant le sociologue américain Erving Goffman, il a comparé son incarcération à une machine destinée à « broyer l’individu ».

« J’étais devenu l’objet d’un acharnement diabolique d’une justice oppressive », a-t-il déclaré, dénonçant un procès « entaché d’irrégularités » et reposant sur « un manque flagrant de preuves crédibles » — un constat déjà relevé dans la résolution du Parlement européen.

Reconnaissant envers les institutions européennes, Wondo a tenu à souligner leur rôle déterminant dans sa libération : « Votre action a brisé le silence de l’enfermement et rétabli ma dignité. Ce que vous m’avez rendu va bien au-delà de ma personne. Vous avez rappelé au monde que la liberté n’est pas négociable. »

Plus déterminé que jamais, il a affirmé vouloir poursuivre son engagement en faveur des droits humains, insistant sur le fait que son cas n’est pas isolé : « Ce que j’ai vécu continue d’écraser des milliers d’hommes et de femmes dans mon pays natal », a-t-il conclu, appelant à une vigilance accrue sur la situation des droits fondamentaux en RDC.

Pour rappel, Jean-Jacques Wondo, expert militaire et analyste belgo-congolais, avait été condamné à mort le 27 janvier 2025 pour sa prétendue implication dans une tentative de putsch survenue en mai 2024 à Kinshasa. Il avait été libéré dans la nuit du 4 février pour raisons humanitaires, après une longue audition devant la justice militaire. Selon son avocat, cette libération visait à lui permettre de recevoir des soins médicaux urgents. À ce jour, il ne s’est pas pourvu en cassation.

La confirmation de sa peine par la Haute Cour militaire avait provoqué une vive réaction de la Belgique. Bruxelles avait dénoncé un verdict sans fondement probant, rappelé son ambassadeur pour consultations, et convoqué celui de la RDC. L’affaire, à forte portée politique, a exacerbé les tensions diplomatiques entre les deux pays.

Gilbert N.

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