Bemba accuse Kabila d’avoir été un agent rwandais infiltré: « Nous avons eu à la tête du pays un imposteur»
Bemba accuse Kabila d’avoir été un agent rwandais infiltré: « Nous avons eu à la tête du pays un imposteur»
AFP
Une accusation explosive sur les ondes de Top Congo. Ce lundi 9 juin, sur les antennes de TOP CONGO FM, la principale radio d’information de Kinshasa, Jean-Pierre Bemba a franchi une nouvelle ligne rouge dans le débat politique congolais. En direct, le ministre des Transports et ex-chef de guerre devenu figure de l’establishment a prononcé des mots que peu d’hommes politiques osent encore articuler aussi frontalement :
« Nous avons eu à la tête du pays un imposteur et un usurpateur. Je pèse mes mots. »
Il parle de Joseph Kabila — ou plutôt, selon ses mots, d’Hippolyte Kanambé, présenté comme un agent de l’armée rwandaise infiltré au sommet de l’État congolais pendant deux décennies.
Dans un ton solennel, Bemba déroule sa version de l’histoire. Selon lui, lorsque le président Laurent-Désiré Kabila arrive au pouvoir en 1997, ce n’est pas un mouvement souverain mais une opération téléguidée depuis Kigali. Il affirme que le chef d’état-major de l’armée rwandaise aurait envoyé un assistant — Hippolyte Kanambé — dans les bagages de Kabila pour mieux contrôler l’appareil d’État.
« Il était lettre de camp du chef d’état-major général de l’armée rwandaise. »
« Son chef était Paul Kagame. »
Bemba accuse donc explicitement l’ancien président Joseph Kabila d’avoir été placé à la tête de la RDC par les services militaires rwandais, et d’avoir usurpé l’identité du fils biologique de Laurent-Désiré Kabila.
Ces propos résonnent comme un séisme dans le paysage politique congolais. Le ministre ne parle pas d’erreurs ou de trahison politique, mais d’infiltration étrangère et de manipulation géopolitique au plus haut sommet de l’État. C’est une remise en cause radicale de la légitimité de l’ancien régime, mais aussi une attaque contre les réseaux encore actifs autour de l’ex-président, soupçonnés — dans la première partie de l’interview — de chercher à déstabiliser l’actuel pouvoir de Félix Tshisekedi.
En désignant Joseph Kabila comme un agent rwandais agissant sous commandement de Paul Kagame, Jean-Pierre Bemba pose une ligne de fracture entre souveraineté congolaise et soumission présumée à une puissance voisine, dans un contexte où les tensions avec le Rwanda sont plus fortes que jamais.
Ce qui rend ces déclarations d’autant plus graves, c’est qu’elles ne viennent pas d’un opposant ou d’un activiste, mais d’un ministre en exercice, membre influent de la coalition présidentielle. Ce n’est pas un propos de campagne, mais une mise en accusation institutionnelle.
En relançant publiquement la thèse — longtemps relayée dans les milieux souverainistes — selon laquelle Kabila ne serait pas congolais, Jean-Pierre Bemba replace la question de l’identité, de la mémoire et de la trahison au centre du débat national.
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