Économie Le cobalt congolais a perdu 27 % de sa valeur depuis le début du mois de juin

Le cobalt congolais a perdu 27 % de sa valeur depuis le début du mois de juin

L’hydroxyde de cobalt exporté de RDC a perdu près de 27 % depuis début juin, selon Argus Media. Le ministre des Mines Louis Watum conduit une délégation à la China Mining Conference de Tianjin du 10 au 12 septembre.

Extraction de cobalt dans une mine du sud-est de la RDC.

Le cobalt congolais a perdu 27 % de sa valeur depuis le début du mois de juin
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 SEPTEMBRE 2026 - 11:30 WAT · 4 min de lecture

L’hydroxyde de cobalt exporté de République démocratique du Congo a perdu près de 27 % de sa valeur depuis le début du mois de juin 2026, selon les données du cabinet Argus Media rapportées par Radio France internationale le 9 septembre. La baisse intervient alors que Kinshasa contrôle toujours les volumes exportés par un régime de quotas mis en place il y a un an et demi.

Le ministre des Mines, Louis Watum, est arrivé à Pékin le mardi 8 septembre pour conduire la délégation congolaise à la China Mining Conference and Exhibition, qui se tient à Tianjin du 10 au 12 septembre 2026.

Le quota a fonctionné, puis il a cessé de tenir le prix

Le mécanisme reposait sur une équation simple : réduire l’offre pour soutenir le cours. Il a d’abord été freiné par ses propres procédures. Les quotas étaient difficiles à utiliser en raison de la complexité réglementaire, et les volumes partaient mal.

Ce n’est plus le cas. Les quantités autorisées sont désormais exportées plus facilement et arrivent plus régulièrement en Chine, destination située à quatre-vingt-dix jours de transport depuis la République démocratique du Congo. L’offre s’est donc normalisée au moment où la demande, elle, se contractait.

La batterie sans cobalt gagne des parts de marché

Le déplacement de la demande est technologique. « La technologie LFP, lithium fer phosphate, continue de gagner des parts de marché », déclare Chris Welch, chargé du suivi des matériaux pour batteries chez Argus Media, cité par Radio France internationale le 9 septembre 2026. Cette chimie, utilisée dans les batteries de véhicules électriques, se passe de cobalt.

Deuxième facteur, la demande en électronique grand public, du téléphone à la cigarette électronique, est plus faible qu’anticipé. Troisième facteur, les analystes du cabinet Project Blue, également cités par Radio France internationale le 9 septembre 2026, relèvent la pression exercée sur les prix du cobalt raffiné par l’offre à bas coût « de matériaux recyclés et de cobalt métallique dissous » mis sur le marché.

Seule la demande pour les alliages, notamment aéronautiques, se maintient. Elle ne représente qu’une fraction du débouché congolais.

BETO avait établi que le quota national de 87 000 tonnes n’était utilisé qu’à hauteur d’environ 60 %, et qu’un plafond que les exportations n’atteignent pas contraint moins le marché que les recettes de l’État.

Le ministre des Mines va vendre le sous-sol congolais à Tianjin

La délégation conduite par Louis Watum participe à un congrès annuel qui réunit gouvernements, investisseurs et entreprises minières, avec expositions commerciales, conférences sur les politiques minières et sur l’investissement, et séquences consacrées au transfert des droits miniers.

« La délégation congolaise, conduite par le ministre des Mines Louis Watum, est arrivée à Pékin pour prendre part à la China Mining Conference and Exhibition, ce grand rendez-vous international du secteur minier, prévu du 10 au 12 septembre 2026 à Tianjin », indique le communiqué du ministère des Mines cité par l’Agence congolaise de presse le 8 septembre 2026.

Le même communiqué fixe l’objectif : « Cette participation traduit la volonté de la RDC de promouvoir son potentiel minier et de renforcer ses partenariats stratégiques dans le secteur, en vue de contribuer à un développement minier davantage créateur de valeur pour le pays. »

Le rendez-vous se tient donc devant les acheteurs chinois, dans le pays vers lequel partent les cargaisons, au moment où le prix de la principale matière exportée recule de plus d’un quart.

Ce qui reste à établir

  • Le niveau du quota d’exportation en vigueur au 9 septembre 2026 n’est pas publié.
  • Ni l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques ni le ministère des Mines n’ont commenté publiquement la baisse de 27 %.
  • L’effet de cette baisse sur les recettes fiscales de l’exercice 2026 n’a fait l’objet d’aucune estimation officielle.
  • La composition de la délégation à Tianjin, son coût et les accords visés ne sont pas rendus publics.
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B
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