Le spectaculaire retournement de veste de Bob Kabamba sur la révision constitutionnelle en RDC
Le spectaculaire retournement de veste de Bob Kabamba sur la révision constitutionnelle en RDC
AFP
Sur une même question, celle de savoir si la Constitution de 2006 convient encore à la RDC, le politologue Bob Kabamba a tenu, à quelques mois d’intervalle, deux discours opposés. Dans une première interview, il juge le texte inadapté et appelle à une réforme indispensable. Dans une autre, plus récente, il affirme que cette Constitution est au contraire en parfaite adéquation avec les réalités du pays. Le rapprochement de ces deux séquences met en lumière une contradiction, au cœur du débat qui agite la classe politique congolaise.
Dans la première séquence, diffusée sur Top Congo, le journaliste Christian Lusakueno lui demande si pareille Constitution se justifie encore. La réponse est nette. « La Constitution de 2006 n’est pas adaptée au contexte que nous sommes en train de vivre », affirme Bob Kabamba, qui conclut que « le texte doit être adapté au contexte actuel et n’est pas du tout adapté dans le système tel que nous sommes en train de vivre actuellement ». Relancé sur la nécessité d’une réforme, il tranche, « pour ma part, la réforme est indispensable ».
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Dans la seconde interview, menée par le journaliste Perro Luwara, la même interrogation revient, sur l’adéquation du texte avec les réalités congolaises. Cette fois, la réponse s’inverse. « Je vais vous faire rire. Je peux vous dire que cette Constitution est en adéquation avec les réalités du Congo », lance le politologue. Et d’insister, « pour moi, cette Constitution, véritablement, répond aux réalités et au dynamisme politique, social, culturel, ethnique, national du Congo ».
Ces deux affirmations sont d’autant plus scrutées que Bob Kabamba n’est pas un commentateur ordinaire. Professeur de science politique à l’Université de Liège, il a compté parmi les artisans de la Constitution de 2006. Sa parole pèse dans un débat où chaque camp cherche des cautions d’experts. En novembre 2024, il avait pourtant posé une ligne claire, estimant, dans les colonnes de La Libre, que changer la Constitution, et non la réviser, reviendrait à un « coup d’État constitutionnel ».
Une lecture indulgente pourrait considérer que les deux séquences ne répondent pas exactement à la même question. Kabamba distingue la révision, qu’il peut juger nécessaire, du changement pur et simple du texte, qu’il condamne. Il oppose aussi l’adaptation à un contexte de pouvoir, qu’il estime défaillante, et l’adéquation à des réalités sociales et culturelles, qu’il juge réelle. Ces distinctions existent. Mais sur la question centrale que lui posaient les deux journalistes, celle de savoir si la Constitution convient au Congo d’aujourd’hui, ses réponses pointent dans des directions opposées.
Le moment n’est pas neutre. La loi fixant les conditions d’organisation du référendum est examinée par la Cour constitutionnelle, et l’opposition dénonce une manœuvre vers une révision, voire un changement de la Loi fondamentale. Dans ce climat, les revirements d’un analyste influent nourrissent la suspicion, chaque bord y voyant la preuve que le débat constitutionnel se joue autant sur les principes que sur les positionnements. À Bob Kabamba, désormais, de dire laquelle de ses deux lectures il assume.
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