Politique Darfour-Nord : l’armée soudanaise accusée d’avoir ciblé un convoi humanitaire de l’ONU
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Darfour-Nord : l’armée soudanaise accusée d’avoir ciblé un convoi humanitaire de l’ONU

Légende : armée soudanaise
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 JUIN 2025 - 10:45 WAT · 3 min de lecture

Lundi 2 juin, les forces loyales au général Abdel Fattah al-Burhan ont été accusées d’avoir perpétré une attaque meurtrière contre un convoi humanitaire des Nations Unies en route vers la ville d’El Fasher, dans le nord du Darfour. Ce convoi transportait de l’aide alimentaire destinée à une population déjà éprouvée par la guerre et la famine.

Selon Eva Hinds, porte-parole de l’UNICEF, les frappes aériennes menées dans la zone ont causé « plusieurs victimes » parmi les civils et les membres des équipes humanitaires. Les bombardements aléatoires, dans un contexte de combats intenses entre factions rivales, s’inscrivent dans une série d’attaques de plus en plus fréquentes contre les opérations d’aide humanitaire dans la région.

Les Forces de soutien rapide (RSF), en conflit armé avec les troupes fidèles à Burhan, ont rapidement condamné l’attaque. Dans un communiqué, elles ont dénoncé « l’attaque brutale menée par l’armée soudanaise à bord d’un avion contre un convoi humanitaire du Programme alimentaire mondial », affirmant que l’attaque avait fait quatre morts et deux blessés. Des militants locaux ont confirmé ces accusations, pointant du doigt les forces basées à Port-Soudan.

Le convoi visé se dirigeait vers El Fasher, capitale du Darfour-Nord, tenue par les forces gouvernementales. À environ 80 kilomètres de là, la ville de Kuma – contrôlée par les RSF – a elle aussi été la cible de frappes aériennes le week-end dernier. Un bombardement sur un marché très fréquenté y a fait au moins 89 morts, selon des sources médicales et humanitaires.

Depuis plusieurs semaines, les forces basées à Port-Soudan ont intensifié leurs offensives, non seulement contre leurs rivaux militaires, mais aussi contre les travailleurs humanitaires. Plusieurs ONG dénoncent des obstacles administratifs délibérément imposés pour freiner la distribution de l’aide, ainsi qu’une campagne d’arrestations ciblées contre les militants et les volontaires locaux.

Des employés de l’ONU et des organisations humanitaires affirment que les restrictions imposées par l’armée et ses milices islamistes alliées aggravent une crise alimentaire déjà dramatique. Le pays, déchiré par plus d’un an de guerre civile, fait face à des niveaux d’insécurité alimentaire sans précédent. Les accusations se multiplient contre les autorités militaires de Port-Soudan, tenues pour responsables de l’aggravation de la famine et de l’entrave systématique à l’acheminement de l’aide.

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