Justice De Kenge à Kinshasa : La justice militaire des FARDC décapitée dans une catastrophe aérienne
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De Kenge à Kinshasa : La justice militaire des FARDC décapitée dans une catastrophe aérienne

De Kenge à Kinshasa : La justice militaire des FARDC décapitée dans une catastrophe aérienne
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 25 SEPTEMBRE 2026 - 23:48 WAT · 3 min de lecture

La justice militaire congolaise est en deuil. Un accident aérien survenu ce vendredi à Kenge, dans la province du Kwilu, a coûté la vie une dizaine de militaires et des civils. Parmi les victimes figurent les deux plus hauts magistrats de la justice militaire : le Lieutenant-Général Mutombo Katalayi Tiende Joseph, Premier Président de la Haute Cour Militaire, et le Lieutenant-Général Likulia Bakumi Lucien René, Auditeur Général des FARDC.

Cette disparition inopinée, confirmée par le porte-parole de l’armée, le Général-Major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi dans un communiqué transmis à BETO.CD, plonge le pays dans une situation sécuritaire et judiciaire volatile. Au-delà de la perte humaine, estimée à plus de quatorze passagers de la délégation outre l’équipage, c’est la structure même de la justice militaire congolaise qui se trouve momentanément décapitée.

Le Lieutenant-Général Mutombo Katalayi Tiende Joseph incarnait la plus haute instance de jugement de l’ordre militaire, garantissant la discipline et l’application du code pénal au sein des troupes. Bien plus, le Lieutenant-Général Likulia Bakumi Lucien René, en tant qu’Auditeur Général, pilotait l’action publique militaire, jouant un rôle central dans la lutte contre l’impunité et les infractions commises par des gens de guerre.
Leur présence conjointe à bord de cet appareil traduisait l’importance de la mission de service qu’ils venaient d’accomplir à Kikwit. Leur vol de retour vers la capitale s’est tragiquement interrompu dans le Kwilu, emportant avec eux une expertise institutionnelle irremplaçable et des décennies d’expérience cumulée au service de l’État.

La récurrence des incidents impliquant des aéronefs civils ou militaires dans un pays vaste comme la République Démocratique du Congo remet inévitablement en lumière les défis liés à la maintenance de la flotte et aux conditions de vol dans certaines provinces. L’État-major général a indiqué que des investigations rigoureuses ont été diligentées pour déterminer les causes exactes de ce crash. À l’en croire, les experts devront établir s’il s’agit d’une avarie technique, d’un concours de circonstances météorologiques défavorables ou d’un concours de facteurs exogènes. Dans un contexte sécuritaire national déjà tendu, la lumière devra être faite rapidement pour dissiper toute spéculation.

La disparition de ces deux figures de proue des FARDC, couplée à celle des douze membres de la délégation et des civils, constitue une saignée majeure pour les FARDC. En saluant la mémoire de serviteurs de l’État ayant fait preuve d’un « honneur, d’un dévouement et d’une détermination » sans faille, l’armée tente de resserrer ses rangs face à l’épreuve.

« Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo déplorent la perte de ces Hauts Magistrats Militaires qui ont consacré toute leur carrière au service de la République », a-t-on lu dans le communiqué.

Serge SINDANI

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