Droits humains RDC: 491 violations en août, et les violences sexuelles plus que triplent en un mois

RDC: 491 violations en août, et les violences sexuelles plus que triplent en un mois

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a recensé 491 violations et au moins 1 264 victimes en août 2026, le relevé mensuel le plus élevé depuis mars. Les violences sexuelles liées au conflit bondissent de plus de 200 % avec 230 victimes, toutes des femmes et des filles. Le déplacement passe de 5,8 à 6,1 millions de personnes en un mois. Six dossiers ont été jugés par les juridictions militaires.

Familles déplacées et enfants dans un site de déplacés de l'est de la RDC

Photo d'illustration. Site de déplacés dans l'est de la RDC. © BETO
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 NOVEMBRE 2026 - 18:18 WAT · 4 min de lecture

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a recensé 491 violations et atteintes aux droits humains en République démocratique du Congo au mois d’août 2026. Son relevé, publié le mercredi 4 novembre, dénombre au moins 1 264 victimes, soit un peu plus de deux et demie par incident.

Le total progresse d’environ 6 % sur un mois : 464 cas avaient été documentés en juillet. C’est le relevé mensuel le plus élevé depuis le mois de mars, où le Bureau avait compté 524 violations, avant 382 en avril et 481 en mai.

L’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu demeurent les principaux foyers. Le Bureau impute la détérioration aux attaques contre les populations civiles et aux affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales. Ces trois provinces sont les théâtres de l’agression rwandaise et des incursions des terroristes des ADF.

Les provinces moins exposées aux conflits ne sont pas épargnées : 79 cas y ont été enregistrés en août contre 47 en juillet, une hausse de 68 %.

Trois cents mille déplacés de plus en un mois

Le relevé chiffre le déplacement à 6,1 millions de personnes à la fin du mois d’août, contre 5,8 millions un mois plus tôt. Trois cent mille personnes se sont donc déplacées en trente jours.

Ce chiffre recoupe celui que les autorités congolaises ont porté devant les Nations unies. Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait avancé le 13 octobre plus de 6,1 millions de déplacés internes et plus de 1,3 million de réfugiés en appelant à l’appui du HCR.

Les violences sexuelles plus que triplent

C’est la progression la plus brutale du relevé. 230 victimes de violences sexuelles liées au conflit ont été recensées en août, à travers 65 incidents documentés. Le Bureau relève une augmentation de plus de 200 % sur un mois.

La répartition des victimes est intégralement féminine : 166 femmes et 64 filles. Plus d’une victime sur quatre est donc mineure.

Six dossiers jugés pour 491 violations

Les juridictions militaires ont jugé six dossiers au cours de la période, impliquant cinq militaires des FARDC et un policier de la Police nationale congolaise. Tous ont été reconnus coupables d’infractions liées à des violations des droits humains. Trois militaires ont été condamnés à la peine capitale.

La colonne judiciaire reste la plus mince du relevé, et c’est une constante. Nous avions relevé en août que trois chiffres judiciaires revenaient à l’identique sur trois relevés mensuels consécutifs, et qu’un décompte avait été révisé sans explication.

Sur les condamnations capitales, Amnesty International n’a enregistré aucune exécution en République démocratique du Congo depuis 2003, alors que l’organisation recense au moins trois cents condamnations à mort prononcées par des juridictions militaires depuis la levée du moratoire, en mars 2024. Le gouvernement dit vouloir accélérer la justice transitionnelle.

Ce que le relevé ne dit pas

Le document cité ne répartit pas les 491 violations entre leurs auteurs, et ne précise pas la part imputable aux groupes armés et celle imputable aux agents de l’État. Il ne donne pas le chiffre de juillet pour les violences sexuelles, qui permettrait de vérifier la progression annoncée.

La publication intervient avec deux mois de décalage sur les faits. Le cadre semestriel, lui, est connu : le Bureau avait documenté 2 996 violations et 6 189 victimes au premier semestre 2026, en reculant de 10 % sur un semestre mais en progressant de 8 % sur un an, et il avertissait lui-même que ce recul ne traduisait pas nécessairement une amélioration. Les relevés de juillet et d’août confirment cet avertissement.

Rédaction

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B
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